Je ne sais pas pour vous, mais moi, il y a toujours un petit truc que j’adore dans les jeux vidéo : ce sont les petites guerres entres machines, car elles sont, à mon goût, bénéfiques en tout point pour le jeu vidéo à proprement parler.

Et puis techniquement, on était à des années lumières de ce qui se fait aujourd’hui (ce qui est normal…). Du coup la moindre différence technique sautait aux yeux! Et c’est pour cela que je vais me concentrer sur la guerre des « 16/32″, à savoir l’Atari ST et l’Amiga!

L’Atari ST

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J’ai eu le privilège de posséder les deux bécanes, et j’ai eu l’audace de soutenir les deux camps alternativement.

Il faut dire que de par leurs histoire, l’Atari et l’Amiga sont intimement liés : initialement, l’Atari ST aurait dû être composer de divers éléments de l’Amiga. Pour faire simple, c’est Commodore qui à sauvé Amiga Corp (à l’époque les deux entités était distinctes) de la faillite au nez et à la barbe de Atari qui espérait mettre la main sur la technologie de Amiga Corp. à moindres frais.

Histoire de dégainer le premier et de couper l’herbe sous le pied de Commodore, Atari a sorti à la hâte l’Atari 130 ST (avec ces 128Ko de mémoire), suivi rapidement par le 520 ST (512Ko) et 520ST+ (1024Ko, on ne parlait pas encore de 1040 ST à l’époque).

Tous les trois sont sortis en 1985 et étaient dépourvus de lecteur de disquettes interne. C’est là que l’Atari ST à joué sa survie en proposant une machine bien moins cher que son rival l’Amiga 1000.  En 1986, il y eu le 260ST (Allemagne et Belgique uniquement) et enfin le 520STm (avec sortie composite).

Ce fut le tour des 520 STf,1040 STf (f pour Floppy et respectivement 512Ko et 1024Ko de mémoire) et 1040 STfm (idem que le 520 STm), avec surtout un lecteur de disquette interne. Et on ferme la marche avec les 520 STe et 1040 STe (e pour enhanced, avec des qualités graphique et sonore revus à la hausse). Les STe n’ont jamais été réellement exploitées (les STf constituant un parc plus conséquent), même si quelques éditeurs comme Thalion (principalement constitués de Demomaker) avec des jeux comme Leavin’ Teramis étaient en mesure de rehausser les jeux pour le STe. Je ne parlerais pas des MegaST (en photo ci-dessous) et Atari TT voués d’avantages à une utilisation pro.

A noter l’existence de deux Atari ST plutôt rare, les 2080 STf (photo ci-dessous du modèle présent à l’expo « l’Age d’or du jeu vidéo »)  et 4160 Ste, deux ST crées pour les dévelloppeurs. Même si, je dois bien l’avouer, l’Atari ST n’était pas techniquement au niveau de l’Amiga, ces 16 couleurs affichées et son chipset sonore sur 3 voies ne faisait pas ridicule. Et puis il faut dire que les premiers jeux pour Atari ST et Amiga étaenit identiques, les éditeurs ne retouchant pas les jeux pour un passage de l’Atari à l’Amiga.

En tout cas, de par sa carrière, on peu dire que l’Atari ST fut un sucés malgré des défauts connus : d’abord, les prises manettes et souris, situées en dessous de la machine, elles avaient tendance à avoir du jeu et il fallait user d’astuce pour faire fonctionner sa souris (un bouchon pour caler la prise par exemple). Les premiers modèles dépourvus de lecteur de disquette possédaient leurs prises sur le côté droit, c’est avec l’arrivée du lecteur, que les ingénieurs d’Atari ont eu l’idée de mettre les prises dans une encoche située en dessous. De plus, chaque changement de manettes et/ou souris nécessitait de lever l’ordinateur , ce qui n’était pas très pratique…

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Mais l’Amiga avait toujours une longueur d’avance. A partir du moment où les gros jeux sortaient d’abord sur Amiga, puis sur ST, c’était le début de la fin. Les programmeurs exploitaient à fond l’Amiga et faisait un portage avec les moyens du bord sur ST et certains jeux en on fait les frais (Shadow of the Beast, Jim Power in Mutant Planet, Lotus Esprit Turbo Challenge 2 et 3,etc…).

Les demomakers ST s’en donnaient à cœur joies, en trichant bien sûr, mais ils arrivaient malgré tout à afficher de l’overscan (limité toutefois), des musiques sur 7 voies et à afficher plus de couleurs en faisant scintiller deux couleurs pour en donner une troisième.

La relève de l’Atari ST fut le Falcon.  Une conception vieillotte (l’ordinateur était identique esthétiquement à l’Atari ST mais avec des couleurs différentes), affichant aussi de très gros problèmes de compatibilité avec le ST et très mal distribué, il n’a pas tenu longtemps face à l’Amiga 1200 et encore moins face au PC. Initialement, Atari devait sortir deux versions, le Falcon 030 et le Falcon 040…Seul le Falcon 030 sortira!

L’Amiga

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En face de l’Atari, l’Amiga… Une machine formidable et très (trop) en avance sur son temps.

Tout à commencé avec l’Amiga 1000 en 1985, en modèle Desktop, et principalement pour le marché Pro. Devant le succès de l’Atari ST (sortis en 1985), Commodore s’aligne et sort le 500 en 1987 (512Ko de mémoire avec un connecteur d’extension), puis le 500+ en 1988 (le même avec 1Mo). N’abandonnant pas le marché pro pour autant, Commodore sort le 2000 en 1990 et le 1500 (identique au 2000 mais disposant de deux lecteurs de disquettes et sortis uniquement au Royaume-Uni), suivis de près par le 3000 (disposant d’un CPU de 25Mhz au lieu de 7Mhz et pouvant tourner sous Unix).

Puis en 1991 vint une curiositée, Le CDTV,(Commodore Dynamic Total Vision). Equipée d’un lecteur de CD-Rom, cette console (oui oui !) se présente sous la forme Desktop et se branche sur la télé. Elle est de fait le premier ordinateur équipé d’un lecteur CD-ROM d’origine. Elle est prévue pour être branchée sur un téléviseur. On pouvait avoir en option un clavier, une souris, une télécommande, un lecteur de disquettes, ou un disque dur de 60 Mo (le pack de départ comprenait une manette). Une jolie tôlée pour Commodore qui continua dans cette voie en créant un nouveau prototype de CDTV, nommé CDTV CR mais fut rapidement abandonné.

Beaucoup de modèles, mais nous nous intéresserons ici qu’au modèle 500, qui fut le plus répandu. Donc, l’Amiga avait plein de qualités, notamment sa palette de couleur comme je l’ai expliqué la semaine dernière (Extra Half-Bright). Techniquement, l’Amiga avait une petite longueur d’avance sur le ST, en effet, si les deux machines étaient à processeur équivalant, l’Amiga possédait quelques atouts dans sa manche, comme le fameux mode Extra Half´Bright (réutilisation d’une palette de 32 couleurs en plus foncé de manière à pouvoir afficher 64 couleurs), l’overscan, possibilité d’étendre la mémoire très facilement, un système d’exploitation réellement multitâche (ce qui était rare pour une machine de « Salon »), possibilité de brancher très facilement l’Amiga à une chaîne Hi-Fi (Je sais, ca à l’air moisi comme ca, mais le chip sonore de l’Amiga rendait super bien sur une chaîne Hi-Fi). La souris n’était pas trop mal comparée à celle de l’Atari ST. En conclusion, une bien belle machine, qui fit la part belle à pas mal d’éditeurs (Psygnosis, Team 17 entres autres).

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Commodore signa son champ du cygne avec l’Amiga 1200, réellement compatible avec le 500 (avec quelques soucis, il est vrai), 256 couleurs affichables à l’écran, un processeur 68020 et la possibilité d’installer un disque dur. Le 1200 n’a malheureusement pas fait le poids. D’un point de vue commercial tout d’abord, puisque la machine ne s’est pas aussi bien vendue (relativement, on en n’était pas arrivé au naufrage du Falcon 030 malgré tout), même si les éditeurs ont fait pas mal d’efforts pour sortir des jeux exploitant la bête.

Mais tout comme le Falcon, l’Amiga 1200 ne survivra pas aux Compatibles PC, ces derniers se sont taillés la part du lion et ont précipité la chute de Commodore. A l’heure d’aujourd’hui Commodore US propose un C64 compatible PC (même carrosserie et tout) et normalement devrait proposer un Amiga 1000, 2000 et 3000 Compatible PC eux aussi (et Amiga donc…)

Les prix demeurent un peu élevés, et malheureusement les versions Amiga ne proposeront pas les carrosseries Amiga originales (ils ressemblent plus à un Mac Mini qu’à un Amiga)…