Gunpei Yokoi, ce nom ne vous dit rien ? Et pourtant sous ce nom se cache le génial créateur de la GameBoy (je sais, je suis censé faire un dossier Wonderswan mais on y vient). Après le succès inespéré de la GameBoy (pourquoi inespéré ? je vous expliquerai tout dans un futur dossier GameBoy), Yamauchi-san, président de Nintendo, demande à créer une autre console révolutionnaire. Ainsi naîtra la Virtual Boy et son fameux bide commercial que l’on connait tous. Sans aucune pitié, Gunpei Yokoi est alors mis à la porte en Septembre 1996 !

Il décide alors de créer sa propre société : KOTO LABORATORIES ! Ainsi commence l’histoire de la WonderSwan.

Dès décembre 1996, Yokoi-san s’attaque à la création d’une nouvelle console portable avec ses employés, loin du schéma commercial de Nintendo. Il décide de créer une console qui ne brillera pas de sa technologie de pointe mais plutôt par des points insolites et ludiques !

Presque un an après le début du projet, Gunpei Yokoi meurt dans un accident de la route. C’ est Yoshihiro Taki, son ami et bras droit, qui le remplace à la tête de KOTO LAB. Pendant 3 ans, Taki-san suivra à la lettre tout ce que Gunpei Yokoi voulait, à savoir : laisser carte blanche aux jeunes ingénieurs qui devront créer une console unique. La console sera distribuée par Bandai qui rachètera plus tard la totalité des droits de la Wonderswan. Pendant ce temps, Yochihiro-san multiplie les annonces et les interviews pour promouvoir le bébé de KOTO LAB. La ligne commerciale est claire : « la Wonderswan est différente et ne joue pas sur le même terrain que la concurrence, elle saura, par son concept insolite, trouver sa place dans le cœur des joueurs japonais ! »

Le 4 mars 1999 sort la très attendue Wonderswan, soit une semaine avant les vacances de printemps au Japon ; tout est calculé. En dépit de son écran monochrome, elle est vendue à 200.000 exemplaires dès la première semaine de commercialisation ! Jamais une console portable non estampillée Nintendo n’avait eu droit à un tel accueil !

Indirectement, Nintendo a joué sur les ventes de la Wonderswan ; en effet la Game boy Color est sortie depuis le 21 novembre 1998, soit presque 4 mois avant, mais elle était victime de son succès et fut en rupture de stock pendant presque 3 mois. A la sortie de la Wonderswan, il ne restait donc plus qu’un concurrent : SNK et sa NeoGeo pocket qui ne marcha que moyennement (et surtout n’avait pas les atouts de la Wonderswan). Mais à sa sortie, la portable de KOTO LAB fait tomber quelques records :

La Wonderswan est la plus petite console portable au monde. Record qui tiendra jusqu’à la sortie de la GBA SP !
La Wonderswan est aussi la console la plus légère avec ses 92 grammes (sans pile)
Son écran est le plus large de toutes les portables du marché et surtout, il s’utilise dans les 2 sens : horizontalement et verticalement, chose qu’on ne reverra plus jusqu’à la sortie de la PSP.
Elle est aussi la console la plus économique : grâce à une unique pile LR6, vous pouviez jouer jusqu’à 25/30 heures !
Et comme si tout cela ne suffisait pas, elle détient encore à ce jour le record de la console la moins chère de tous les temps : 4800Y soit 43€ !!!

Tous ses records suffisaient déjà à vendre mais une annonce encore plus grande allait être annoncée au pays des rois des RPG !

La puissance commerciale de BANDAI allait jouer. En effet, BANDAI fit signer un accord avec le roi du RPG nippon : SQUARESOFT qui réédita pour l’occasion sur la Wonderswan Final Fantasy 1,2 et 4 ainsi que Chocobo (qui, à lui tout seul, dépassa les 180.000 exemplaires vendus) !

Suivra le soutien des plus grosses boites du Japon : Konami, Taito, Namco, Jaleco, Koei et Capcom. Et puisque Bandai détient un nombre incalculable de licences de mangas et d’animés, autant s’en servir ! La Wonderswan croule sous les jeux à licence et les ventes ne retomberont jamais… jusqu’à l’offensive de Nintendo qui balaiera tout sur son passage : cette bombe ultime s’appellera : POKEMON OR et POKEMON ARGENT ; elle reste aujourd’hui une des plus grosses licences de l’histoire des jeux vidéos ! (une réédition DS est même ressortie il y a peu, 10 ans plus tard la licence or et argent fait toujours mal aux concurrents).

Il est important de préciser 2 choses :

Les licences de BANDAI étaient une arme à double tranchant : en effet, il n’y avait aucun problème à sortir tant de jeux à licence au Japon puisque tous appartenaient à BANDAI. Mais le revers de la médaille était simple, la console et les jeux ne pourraient jamais sortir en dehors du Japon car toutes les licences appartenaient à différentes boites dans chaque pays !!!
La technique de BANDAI pour envahir le Japon avait marché puisque la console était distribuée aussi largement que la GameBoy au Japon, et que durant toute l’année 1999, plus de jeux sont sortis sur Wonderswan (73 jeux) que sur N64 (58) !

A SUIVRE ….

Prochainement, la seconde partie traitant des deux petites sœurs de la Wonderswan : la Color et la Crystal !!

NOTE : Si ce texte vous a plus et a animé en vous la curiosité, sachez qu’il est très facile de trouver un Wonderswan sur les sites spécialisés en import, pour à peine 30€ et que les jeux vont de 7€ a 20€ alors pourquoi ne pas se lancer 11 ans après !!!