Arrivé dans ma maison de campagne familiale, je redécouvre avec joie ma Nes à peine plus poussiéreuse que quand je l’ai laissé.

Dans le slot, Punch Out, un jeu de boxe qui fleure bon le dos de boxeur et les incontournables préjugés racistes délicieusement désuets maintenant, et qui te foutraient la Halde au cul en moins de deux secondes.

Je pourrais parler du gameplay (Nintendo n’a pas hésité, attention, à même devoir utiliser le bouton select pour le coup spécial faisant passer le nombre de boutons dont on se sert outre la croix directionnel à l’impressionnant chiffre de 3), de l’impossibilité de se déplacer sur le ring, de Mario qui n’est ni plombier ni jardinier mais arbitre, mais ce n’est pas ce qui compte.

Ce qui compte, c’est le plaisir passé à rouster des étrangers… oups, c’est pas ce que je voulais dire (mon chef me dit que je l’ai pas dit et que je l’ai écrit et donc que le lapsus est plus difficile)

Que disais-je avant d’être aussi grossièrement interrompu par mon chef ?

Ah oui… Rouster des étrangers. Se battre contre une multitude d’adversaires hauts en couleur…Aheum…Passé le premier moment de tristesse face à la faiblesse du Français, on le roue de coup priant qu’il ne se relève pas une fois au tapis, on ne veut pas le faire souffrir.

Qu’importe, voilà le Boche Von Kaiser: on a deux guerres dont on doit se rattraper : la coupe du monde 82 et la coupe du monde 86. Lui, on lui larde la gueule juste assez pour qu’il tombe pas trois fois dès le premier round pour voir sa gueule éclatée à la mi-temps. Bonheur, on en vient à oublier la triste défaite de Glass Joe/Jaw.

Un petit Japonais (le terme petit est affectueux puisque tous les adversaires que l’on affronte font à peu de chose près trois fois notre taille.) et le premier code tombe, notre boxeur, habillé d’un délicat survet’ rose court avec son gros entraîneur noir le long de l’Hudson. Je me sens Rocky.

Le Polonais boit, l’Espagnol est un danseur de flamenco, Monsieur Dream est Américain… On en vient à regretter cette époque où l’utilisation de quelques clichés maintenant interdits compensaient par l’humour et l’originalité (aussi paradoxal que ce mot puisse être apposé à cliché) des déficiences techniques et visuelles qui, je m’en rends compte maintenant, même comblées ne font pas l’apanage d’un bon jeu vidéo.