Je viens de finir Darksiders II sur Xbox 360 en 26h32. Sorte de mélange entre – notamment – God of War pour les combats et The Legend of Zelda pour les quêtes/donjons, Darksiders premier du nom avait été un hit inattendu en 2010 signé par le studio inconnu jusqu’alors de Vigil Games sous la houlette de feu THQ. Il narre les aventures de Guerre/War (l’un des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse) sur une Terre dévastée, lequel a annihilé l’espèce humaine bien avant l’heure prévue et qui cherche à réparer son erreur étant donné qu’il a été dupé pour déclencher la fin du monde. Le joueur découvrait alors aux côtés de Guerre/War une bonne partie des tenants et aboutissants d’un conflit entre Anges, Démons et autres entités supérieures. Salué par la critique et les joueurs, Vigil Games se devait donc de retrousser ses manches pour au moins réitérer l’exploit sinon transformer l’essai de leur première oeuvre. Ajoutez à cela les difficultés économiques de THQ, Darksiders II avait même la lourde tâche de sauver l’éditeur de la faillite avant même sa sortie, un peu à l’image de Final Fantasy pour Squaresoft en son temps ! Hélas le miracle économique n’aura pas lieu, THQ et par là même Vigil Games fermeront leurs portes en décembre 2012, quelques mois après la sortie de Darksiders II. Le jeu n’est-il donc pas à la hauteur des espoirs placés en lui ?

67501Que nenni ! Les joueurs ayant aimé le premier épisode ne peuvent qu’être enthousiasmés par sa suite : plus long (avec pas mal de quêtes annexes plutôt intéressantes à la clé, même si je n’ai pas fait grand chose), plus grand (la carte est quatre fois plus étendue que celle du premier opus), des graphismes plus fins, plus d’armes, plus d’équipement, etc. : Darksiders II se révèle être une authentique digne suite que nombre de studios devraient garder en tête avant de copier-coller simplement ce qui avait marché dans leurs hits précédents… Alors vous me direz que Darksiders n’était pas follement original au final et se contentait de reprendre ce qui marchait ailleurs mais Vigil Games avait eu l’intelligence à l’époque de concocter un mélange diablement efficace dans un univers plutôt méconnu du grand public mais bigrement intéressant, un cocktail d’enfer en somme ! Je craignais un peu le syndrome du « toujours plus » avec Darksiders II qui aurait pu faire perdre son âme à la licence mais non ; on reprend très vite ses marques et débarque dans un autre monde avec un nouveau héros aux commandes : Death, bien décidé à disculper son frère Guerre/War de la traîtrise dont il est accusé en sauvant l’humanité pour se faire ! Les évènements du jeu se déroulent d’ailleurs en parallèle de ceux du premier épisode, et on imagine aisément la même chose avec des hypothétiques Darksiders III et IV (avec respectivement les deux derniers Cavaliers de l’Apocalypse en héros) si jamais la licence réussit à survivre à la mort de THQ, le fin mot de l’histoire n’étant pas donné à l’issue du jeu… Rien qu’un (petit) cliffhanger !

darksiders-2-boss-guide-take-on-the-four-hidden-bossesMais si le jeu est si bon que cela, pourquoi n’a t-il pas suffi à rallier les joueurs à sa cause et à sauver sa licence en même temps que son studio de développement et son éditeur ? Je me suis rendu compte en jouant qu’il manquait encore quelque chose, ce que j’avais déjà ressenti en faisant le premier épisode. L’univers est vraiment chouette, quoiqu’un peu complexe par moment entre le nombre de personnages secondaires (qui est de quel côté, qui veut quoi, etc.) et leurs histoires/hiérarchie ; peut-être le côté vraiment sombre et chaotique de la licence ajoute un sentiment de désespoir (forcément après l’Apocalypse…) mais c’est plutôt le(s) Cavalier(s) que je remets un peu en cause ici : s’ils sont très forts et très classes, il leur manque ce petit truc en plus, ce grain de sel ou de fantaisie qui rend les héros ou antihéros mythiques et donne davantage d’ampleur à leurs aventures je trouve… Non pas qu’ils soient dépourvus de charisme (ils en imposent et ne sont pas non plus dénués de caractère, loin de là, ce sont quand même les Cavaliers de l’Apocalypse, dédiou !) mais à y regarder de plus près, on n’atteint jamais vraiment l’épique avec eux (et donc l’inoubliable), « juste » de l’excellent (ce qui est déjà pas mal !), ce qui ne m’a pas empêché d’enchaîner de (très) longues sessions de jeu et de m’y replonger dès que possible à chaque fois pour le parcourir jusqu’au bout (sans le dévorer de fond en comble) en quelques jours seulement !

darksiders2_surival_005_thumbEn bref, malgré ce défaut qui a une certaine importance mine de rien, ne boudez pas votre plaisir si vous n’avez pas encore joué au soft et/ou si vous n’avez pas encore touché à la licence, Darksiders II – au même titre que son prédécesseur – est réellement un excellent jeu d’action-aventure très complet qui mérite le détour ! Et je croise les doigts pour que le destin de la licence ne soit pas scellé, ça me chagrinerait vraiment de ne pas pouvoir lui trouver la grandeur d’âme qu’elle mérite bel et bien obtenir après être si bien partie…

Initialement posté sur le forum le 02/07/13