Hier Il y a deux semaines, j’ai fini Snake’s Revenge sur NES. Il s’agit là de la suite « non officielle » de Metal Gear. En effet, bien que développée par le même éditeur (Konami), cette nouvelle mission de Solid Snake a été créée sans l’aide du créateur de la licence, à savoir l’inimitable Hideo Kojima. Pour la petite histoire, c’est parce qu’il a été déçu par le résultat final que Kojima a décidé de réaliser le véritable épisode 2 de la saga, Metal Gear 2 : Solid Snake sur MSX. Est-ce que Snake’s Revenge est un mauvais jeu pour autant ? Non, mais il se démarque nettement de l’esprit de son aîné…

snake-s-revenge-e27266Pourtant, le début de l’aventure est relativement similaire à Metal Gear : parachutage en territoire hostile avec fort peu d’équipement, soldats à éviter autant que faire se peut pour ne pas déclencher l’alarme et surtout une horde d’ennemis féroces à abattre… Sauf que l’on commence directement avec un pistolet (certes avec munitions limitées). Cela n’a peut-être l’air de rien vu comme ça, mais on se rend très vite compte que l’on va en avoir bien besoin pour survivre ! Ici, l’infiltration se permet donc un net écart vers l’action, non pas en transformant Solid Snake en John Rambo (quoiqu’au vu du chara-design bodybuildé et du ton de l’aventure on puisse légitimement se poser la question) mais en laissant au joueur une bonne marge de manoeuvre pour s’en sortir s’il se fait repérer (ce qui arrivera fréquemment), Metal Gear laissant lui moins de chance dans le même cas de figure. Le jeu n’en devient pas pour autant plus aisé que son prédécesseur, les checkpoints étant bien espacés et les ennemis vous découvrant bien vite. Il faudra donc avancer pas à pas en connaissant finalement le « niveau » par coeur, rien n’est laissé au hasard ou à la chance ! Il est d’ailleurs souvent rageant de mourir en un clin d’oeil pour une petite erreur de parcours ou une prise de risque mal calculée…

Snakes_Revenge-3Comme dans Metal Gear, on avance en récupérant des clés de portes nous permettant de trouver des objets vitaux pour la suite, comme des bouteilles d’oxygène pour les passages sous-marins ou encore des mines pour détruire un boss, nous obligeant à faire des va-et-viens très réguliers entre les étages d’un même bâtiment ou entre bâtiments/territoires, en se faisant repérer le moins possible bien entendu, les ennemis revenant à la vie quand on change d’étage ou de bâtiment/territoire. Le problème est que la carte apparaît vite bien grande et il devient difficile de se rappeler où on a encore une porte à ouvrir ou un objet à récupérer ! J’avoue avoir suivi une soluce pour la deuxième partie du jeu tant il en devenait ardu de s’y retrouver facilement et tant les pièges tendus se multipliaient (les trous invisibles et fatals sont de retour !!). Et même comme ça on n’est pas à l’abri du Game Over !

61-Snake_s_Revenge_085Aussi faut-il absolument tout fouiller pour sauver des prisonniers/otages afin de monter en grade, seule possibilité d’obtenir davantage de points de vie et de pouvoir porter plus de munitions ; comme dans les autres jeux de l’époque et ultérieurs, on remarquera qu’il faudra entrer, sortir et rentrer à nouveau dans une même salle pour que les munitions réapparaissent et qu’on puisse augmenter son stock, sauf qu’ici la manoeuvre est aussi vitale que fastidieuse… Ainsi, on aura parfois l’impression de passer son temps à le faire, sans parler du méli-mélo des cartes à changer quasiment à tout bout de champ (enfin dès qu’il s’agit d’aller d’une porte à l’autre). Le plaisir de la progression s’en voit hélas fort amputé…

Play_it_Through_Snakes_Revenge_Part_6Autre différence avec l’épisode originel, Snake’s Revenge offre des passages en vue de côté entre deux étages ou deux bâtiments, lesquels sont souvent propices à l’action étant donné que l’on se fait repérer bien vite même en prenant ses précautions, on préfèrera donc y arriver bien équipé pour parer à toute éventualité. Le scénario est lui digne d’un film de série B (pour rester gentil), le but étant de détruire non pas un mais deux Metal Gears détenus par l’infâme Colonel Vermon CatTaffy (clin d’oeil bien évidemment non dissimulé au Colonel Mouammar Kadhafi ayant régné sans partage sur la Lybie jusqu’à récemment) n’étant finalement que Big Boss lui-même devenu un cyborg !!!! Les bosses quant à eux sont bien insipides (et arrivent trop souvent sans qu’on s’y attendent), ou tout au mieux des reprises très trop classiques (soldats d’élite, tank…), on est encore bien trop loin de l’unité Fox-Hound par exemple…

hqdefaultPourtant, le jeu offre d’autres ingrédients de Metal Gear comme les communications radio avec d’autres soldats eux aussi sur le terrain (ou pas) mais il s’agit là davantage de poudre aux yeux qu’autre chose tant elles ne sont guère utiles voire simplement possibles ! Ainsi, on sent vraiment que la patte Kojima n’y est pas et qu’on a affaire à un ersatz de Metal Gear. Au final, Snake’s Revenge n’est pas un mauvais jeu, mais il souffre clairement de la comparaison avec son aîné et surtout de la véritable suite sur MSX, et se révèle être un jeu moyen au bout du compte bien que l’on puisse y trouver un certain plaisir à y jouer, mais il faut quand même être fan de la licence pour en tirer à une réelle satisfaction (partielle) ; une curiosité à découvrir sans en attendre des miracles en somme !

1293399-3692816363_9362a156c7Initialement posté sur le forum le 02/06/13