Hier, j’ai fini The Legend of Zelda : The Wind Waker HD sur Wii U. Cela faisait dix ans que je n’avais pas touché à cet épisode (soit après sa sortie sur Gamecube), la faute principalement à une quête de la triforce qui m’avait ruiné l’expérience et donc mon ressenti final du titre. Pourtant, je suis un fan inconditionnel de la licence d’habitude (quoique Majora’s Mask m’a laissé perplexe là où d’autres le vénèrent, mais c’est un autre débat) et passe assez volontiers outre certains détails quand globalement le jeu tient ses promesses (et je suis justement rarement déçu avec les Zelda) mais dans The Wind Waker ce passage m’avait grandement refroidi à l’époque, entre autres idées de gameplay que je détaillerai plus loin. Aussi, choisir de repartir ou non sur une aventure qu’on connaît déjà (bien qu’en HD cette fois-ci) et sur laquelle on a un avis mitigé n’est pas une mince affaire. Les promesses d’optimisation de gameplay méritent-elles qu’on passe encore des heures à parcourir l’océan ou faut-il mettre définitivement les voiles et passer à autre chose ? N’aimant pas rester sur une situation de frustration (surtout sur ma licence préférée), j’ai décidé de laisser une nouvelle chance à cet opus…

Zelda-Wind-Waker-HD-PAL-Cover-e1380498877301Premier constat : le cel-shading vieillit vraiment bien ! Le choix de tels graphismes sur Gamecube était un pari audacieux mais vraiment payant pour Nintendo à l’époque une fois mis en mouvement, et la HD de ce remake – sans être parfaite non plus – ne fait que sublimer le travail accompli il y a dix ans. C’est bien simple, l’impression de jouer à un dessin animé interactif n’a jamais été aussi présente tout au long du jeu ! Et revenir à un Link enfant uniquement dans cette aventure justifie ce choix graphique avant-gardiste ; je ne m’en rappelais pas aussi fortement, mais j’ai eu vraiment le sentiment que l’elfe à la tunique verte se retrouve embarqué dans une aventure qu’un môme avec un peu d’imagination aurait très bien pu s’inventer, avec des pirates comme compagnons et des fillettes à sauver des griffes d’un oiseau géant, des rebondissements et tout… Une histoire attachante et pleine de naïveté comme je pouvais en imaginer étant gosse en somme, à laquelle seule la violence du coup de grâce contre Ganondorf dénote quelque peu dans cette apparente légèreté !

screenshot1Deuxième aspect révolutionnaire du titre, parcourir de vastes étendues marines au lieu de la terre ferme habituelle d’Hyrule avait de quoi décontenancer le joueur sur Gamecube et c’est encore le cas aujourd’hui sur Wii U : l’océan est certes beau et je peux comprendre qu’on cède à son appel par goût du risque et de l’inconnu, mais force est de constater que l’ennui y trouve également sa place entre deux îles à visiter, surtout quand on doit changer de cap régulièrement en agitant la baguette du vent et quand la carte ne se découvre réellement qu’en nourrissant les poissons habitants des environs !! Je veux dire qu’on passe énormément de temps sur les flots pour aller d’un point A à un point B puis à un point C (voire pour revenir à A) et qu’il n’y a pas forcément grand-chose d’autre à faire que de naviguer, l’appel de l’aventure au grand large peut donc vite s’estomper…

1a3hkIytiLZ2sDE7VdxX5wK-6CSFvBpEHeureusement, ce remake offre la possibilité de raccourcir ces trajets fastidieux – sans avoir à changer le sens du vent de surcroît – en récupérant (si on le désire) assez tôt dans le jeu une voile rapide. Je ne saurais que trop vous en recommander l’achat dès que possible surtout si comme moi ce sont l’histoire, les énigmes et les donjons qui vous intéressent en premier lieu dans un Zelda avant les quêtes annexes ! Même la chasse aux trésors en devient plus plaisante du coup et la pêche à la triforce en devient moins pénible (car également moins longue qu’originellement), c’est dire ! Autre amélioration vraiment appréciable, le fait d’avoir et de pouvoir sélectionner les objets et cartes directement sur l’écran du gamepad sans avoir à passer par le menu pause rend le gameplay bien plus fluide, rien qu’en mer par exemple. La fonction gyroscopique du gamepad est également mise à contribution à très bon escient avec les armes de jet comme l’arc, le boomerang ou le grappin, rendant tous ces passages à la première personne plus agréables et ergonomiques, surtout que Link peut être déplacé par la même occasion ! Et n’oublions pas non plus l’abandon discret ça et là de quelques animations récurrentes et chronophages qui accentue davantage cette fluidité nouvelle du titre.

the-legend-of-zelda-the-wind-waker-hd-wii-u-10Pour autant, si l’expérience de jeu s’en trouve vraiment rehaussée de ces optimisations bien vues et plus que bienvenues, je dénonce toujours haut mais un peu moins fort le gros point noir du jeu à mes yeux car c’est un passage fastidieux et obligé : la quête de la triforce ! The Wind Waker avait pourtant le potentiel d’incarner l’héritier salvateur d’Ocarina of Time en se posant en superbe renaissance de la saga avec le producteur Eiji Aonuma aux commandes de la licence après l’empreinte indélébile de Shigeru Miyamoto, sans tomber dans de la copie qu’on reprochera souvent par la suite à Twilight Princess (mais sans réel fondement pour moi). Je persiste donc à penser que The Wind Waker perd sa fraîcheur marine à ce moment là, alors qu’il aurait suffi de rajouter un autre temple à explorer pour finir de redonner ses pouvoirs à la Master Sword à la place par exemple (ce qui s’inscrivait logiquement dans la « règle de trois » de The Legend of Zelda : trois temples, trois pendentifs, trois déesses, trois personnages principaux, trois parties de la triforce…). D’ailleurs, n’oublions pas que ce « grand » épisode est également celui qui possède le moins de donjons ! Je passe outre la facilité globale que ce soit en termes d’énigmes ou de combats car elle n’est que le prolongement indéniable du caractère enfantin très marqué du titre, mais (au moins) un donjon supplémentaire n’aurait vraiment pas été de refus… Enfin, les joueurs les plus hardcore pourront se frotter à l’aventure – s’ils le souhaitent et à n’importe quel moment d’ailleurs ! – en mode « héroïque », véritable mode difficile du titre car les ennemis font le double de dégâts et qu’aucun coeur n’apparait dans le jeu pour se soigner !

13759552914709Aussi, ce remake HD de The Legend of Zelda : The Wind Waker m’a ravivé de bons comme de mauvais souvenirs, mais en atténuant grandement ces derniers pour être honnête. Loin de crier au génie ou au chef d’œuvre, je constate simplement l’authentique volonté de passer à quelque chose de vraiment différent après un monument intouchable comme Ocarina of Time et l’essai Majora’s Mask sur une nouvelle console, un nouveau départ vers de nouveaux horizons en quelque sorte pour la relève de Miyamoto. Pari réussi de ce côté-là pour le coup ! J’en suis un peu redevenu ce môme friand d’aventures que j’ai un peu laissé s’endormir en grandissant – avec en prime l’impression de (re)jouer à un dessin animé. C’est pourquoi, à savoir si refaire le jeu en vaut la chandelle aux déçus de la Gamecube, je réponds un oui franc mais pas massif, la perfection n’est pas encore atteinte mais retrouver un peu de l’enchantement et la magie de l’enfance mérite qu’on fasse une escale sur The Legend of Zelda : The Wind Waker HD, et c’est bien ce que je souhaite retenir de cette redécouverte du jeu au bout du compte…

Initialement posté sur le forum le 10/10/13