1080snowboarding

Premier véritable jeu de snowboard sur console, 1080° Snowboarding s’est imposé dans le cœur de beaucoup de joueurs comme la référence de la simulation de ce sport de glisse. Paru en 1998 sur Nintendo 64, le soft est encore aujourd’hui considéré comme un indispensable de la console et ne manque pas de raviver des souvenirs émus à la simple évocation de son nom. Il est donc temps de se pencher sur ce titre : 1080° Snowboarding est-il toujours un jeu de qualité, ou bien son succès est-il lié à la simple nostalgie des joueurs ? Réponse dans ce test.

Toi aussi, tu veux mettre ta N64 à genoux ? Alors choisis le niveau Golden Forest !

Les graphismes de 1080° Snowboarding sont plutôt réussis pour l’époque. L’animation est fluide et si la sensation de vitesse n’est pas optimale, il reste toutefois très grisant de dévaler des pentes enneigées à près de cent vingt kilomètres par heure. Les personnages sont bien modélisés et leurs visages sont très correctement représentés, à l’inverse de ce que l’on avait pu voir dans Goldeneye par exemple.

De plus, les arrière-plans observables à l’horizon durant une course sont véritablement spectaculaires ; en effet, ils ont bénéficié d’un soin tout particulier, à tel point que l’on peut se demander s’il ne s’agit pas de photographies intégrées au moteur de jeu ! Sublime coucher de soleil dans Golden Forest, chaîne de montagnes escarpée dans Deadly Fall, les différents environnements traversés impressionnent et exploitent très bien les capacités de la Nintendo 64. En parlant des différents circuits, on regrettera toutefois que certains présentent des conditions climatiques (un fort blizzard dans Mountain Village notamment) qui réduisent considérablement la visibilité. On soulignera également – bien que cela puisse sembler trivial – que la neige est superbement modélisée : la poudreuse notamment, qui volette dès que l’on passe à travers, bénéficie d’un comportement d’un réalisme assez saisissant.

Il convient enfin de se pencher sur les chutes de framerate, malheureusement présentes : lorsque le joueur traverse un terrain où l’on trouve des arbres (et plus particulièrement dans le circuit Golden Forest), la vitesse du jeu chute de façon drastique, ce qui nuit grandement au plaisir de jeu.

Attention à l’atterrissage…

Bon Dieu, pourquoi j’arrive pas à faire un 1080, pourquoi ?!

En jouant pour la première fois à 1080° Snowboarding, il y a de fortes chances pour que vous soyez décontenancés par le gameplay. En effet, les virages sont assez difficiles à appréhender, les sauts doivent être correctement calibrés, et il est très ardu lorsque l’on débute de réussir à faire atterrir son snowboard sans s’écraser misérablement au sol. La courbe de progression du jeu est ainsi plutôt élevée, récompensant ainsi les joueurs qui prennent le temps d’apprendre de leurs erreurs et qui acceptent de souffrir lors de leurs premières sessions de jeu. Une fois ce douloureux cap franchi, 1080° Snowboarding se révèle très grisant : dévaler à toute allure des pistes enneigées, effectuer des sauts acrobatiques, réaliser des figures démentes et conclure l’ensemble par une réception parfaite procure un sentiment d’accomplissement et de jouissance difficilement descriptible.

Durant la quasi-totalité de la course, le joueur doit maintenir Z enfoncé : de cette façon, son personnage s’accroupit et conserve une vitesse maximale. Toutefois, les virages deviennent alors plus difficiles à négocier, ce qui nécessite une bonne anticipation pour éviter de percuter un mur. Pour sauter, il suffit d’appuyer sur A ; à noter que l’on peut augmenter la hauteur de son saut en maintenant A enfoncé avant de le relâcher. Pour une réception parfaite, il est nécessaire de faire en sorte que sa planche soit parallèle au sol avant d’atterrir ; toutefois, le système d’atterrissage n’est pas parfait et il arrive en certaines occasions que l’on chute lourdement sans véritablement comprendre pourquoi. On notera également que dans la plupart des modes de jeu, notre surfeur dispose d’une barre de dégâts qui se remplit au fur et à mesure de vos chutes ou de vos collisions ; une fois cette jauge remplie, le joueur est contraint à l’abandon… Enfin, lorsque le personnage contrôlé par le joueur est dans les airs, il est possible de réaliser des figures par le biais de combinaisons de boutons plus ou moins complexes.

Ces figures constituent un élément central du gameplay ; la plus complexe de ces figures, le 1080° Air, donne d’ailleurs son nom au jeu ! Il existe deux sortes de figures : les grab tricks et les spin tricks. Les premières se réalisent en maintenant enfoncé B et en poussant le stick directionnel dans une direction donnée ; plutôt simples, elles ont l’avantage d’être rapides à exécuter. Les secondes, beaucoup plus difficiles à maîtriser, peuvent être réalisées en maintenant enfoncé le bouton R et en effectuant diverses rotations du stick directionnel : plus longues à mettre en place, elles exigent une coordination parfaite pour être correctement réalisées. On regrettera toutefois que le stick de la N64, plutôt anguleux, ne soit pas très adapté à des rotations fréquentes ; après quelques heures de jeu, il est possible que votre pouce soit endolori…

Le titre propose cinq surfeurs (plus trois personnages cachés) correspondant chacun à un style de jeu bien défini. Si Keisuke Kimachi représente le personnage équilibré que l’on retrouve dans tous les jeux de courses, Dion Blaster constitue un véritable monstre de vitesse malheureusement difficile à contrôler. Rob Haywood est un personnage plutôt rapide et résistant qui négocie les atterrissages sans difficultés. Akari Hayami est quant à elle très facile à contrôler mais présente en contrepartie une faible vitesse. Enfin, Ricky Winterborn est difficile à manier et peu rapide mais se révèle un véritable prince de la technique, réalisant les figures les plus complexes avec aisance. 1080° Snowboarding offre également au joueur un choix de huit snowboards (plus un à débloquer), présentant chacun leurs spécificités (vitesse, poids…).

Le titre propose une grande variété de modes de jeu, avec un fort accent mis sur le mode Solo. Il vous sera ainsi possible de vous essayer au mode Challenge, un tournoi avec trois modes de difficulté (Débutant, Normal et Expert) influant sur le nombre de parcours à dévaler et sur l’agressivité de vos adversaires ; dans le mode Figures, le but sera de réaliser un maximum d’acrobaties en temps limité dans le but d’effectuer des combos et donc d’obtenir un maximum de points. Le mode Contre-la-Montre permet, comme son nom l’indique, de réaliser le meilleur temps possible sur le parcours de votre choix. Le mode Tournoi (qui ne porte pas bien son nom) vous demandera de slalomer entre différents drapeaux disséminés dans chaque circuit. Dans le mode Entraînement, il est possible de pratiquer les différentes figures afin d’accroître sa maîtrise du gameplay. Enfin, le mode Deux joueurs est l’occasion de profiter des joies de la glisse avec un ami dans des courses acharnées, souvent synonymes de fous rires. Le soft est dépourvu de mode 4 joueurs ; cela s’explique par les capacités limitées de la Nintendo 64, qui présentait déjà des pertes de vitesse avec seulement un ou deux joueurs.

Cet environnement nocturne est de toute beauté.

Le surfeur d’or : le cauchemar de toute une génération

Avec la profusion de modes de jeu évoquée plus haut, il est normal que 1080° Snowboarding présente une durée de vie élevée. S’il y a peu de chances que vous y restiez des heures durant (pour peu que vous jouiez seul), le jeu reste adapté à des parties courtes, et c’est un plaisir de se relancer dans un mode Challenge ou un mode Tournoi pour passer le temps. Toutefois, l’un des points noirs du jeu, décrié par les critiques comme les joueurs, est sa difficulté exagérée.

Comme cela a été détaillé plus haut, des personnages et des circuits cachés ainsi qu’un snowboard supplémentaire sont à débloquer. Pour y parvenir, il est nécessaire – entre autres objectifs – de venir à bout des trois modes de difficulté du mode Challenge. Si les modes Débutant et Standard ne devraient pas poser de réelles difficultés, tout se complique dans le mode Expert : en effet, les adversaires ont alors une fâcheuse tendance à réaliser des parcours parfaits et à gêner le joueur, le heurtant afin de le faire tomber et ainsi lui faire perdre du temps. De plus, alors même que l’on mène une course de bout en bout, l’IA parvient parfois à augmenter sa vitesse de façon incompréhensible et à finalement nous doubler dans les derniers mètres… Ce caractère vicieux de l’IA pourra conduire certains joueurs à s’arracher les cheveux ; en effet, il est rageant d’être battu simplement parce que la console triche de façon éhontée. La difficulté parfois abusive risque donc d’avoir raison des nerfs de certains et les empêchera de débloquer des contenus pourtant alléchants.

Le mode Deux joueurs est quant à lui l’une des véritables forces du titre : très convivial, il est fort possible que vous y passiez de longues heures à disputer des courses homériques avec votre meilleur ami. C’est assurément l’amusement qui prime dans ce mode de jeu, et les sensations grisantes offertes par le titre sont un argument suffisant pour faire durer le plaisir, encore et encore. On pourra toutefois déplorer le fait que le mode Deux joueurs soit basé exclusivement sur des courses de vitesse ; si vous pensiez défier votre ami pour déterminer lequel d’entre vous réalisait les plus belles figures, vous pouvez y renoncer…

Kensuke Kimachi, un personnage adapté aux débutants.

« OUIKY OUINTEUHBOHN ! »

La bande-son du jeu n’est dans l’ensemble pas inoubliable, et se révèle plutôt minimaliste. On notera toutefois avec intérêt la présence d’un thème culte en particulier, celui du niveau Golden Forest, très orienté métal avec des guitares électriques puissantes. Cette piste n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’OST d’un certain F-Zero X…

En ce qui concerne les bruitages, le crissement de la neige sous le snowboard est plutôt fidèle et les bruissements que l’on peut entendre lorsque notre surfeur passe à travers des feuilles sont réussis. Les bruitages sont donc dans l’ensemble plutôt réalistes et donnent un certain cachet à l’ambiance sonore. Il serait impossible de conclure ce paragraphe sans évoquer le mythique speaker du jeu, dont la voix digitalisée est une véritable bouillie auditive qui n’est pas sans rappeler les borborygmes inaudibles du non moins légendaire annonceur de F-Zero X. Si l’on ne peut décemment dire que cela constitue un point positif du titre, cela fait partie des caractéristiques indissociables de 1080° Snowboarding et fait plus rire qu’autre chose.

Certains modes varient l’expérience de jeu. Ici, le but est de réaliser un maximum de figures.

C’est l’heure de rendre les copies !

Graphismes : Une bien belle performance que nous offre la Nintendo 64. Si la sensation de vitesse reste perfectible et si les chutes de framerate intempestives sont déplorables, on ne pourra s’empêcher d’admirer la fluidité de l’animation, la beauté des arrière-plans visibles durant le jeu et la neige, d’un réalisme saisissant pour l’époque. 

Jouabilité : Difficile à prendre en main, 1080° Snowboarding ne révèle toutes ses subtilités qu’à ceux qui auront suffisamment de patience pour accepter de souffrir pendant les premières heures de jeu. Le titre devient alors très technique et c’est un réel plaisir que d’enchaîner les acrobaties et de dévaler les pistes enneigées avec élégance. Reste l’atterrissage, toujours délicat à maîtriser même pour un joueur expérimenté et les figures, dont l’exécution est parfois sujette à problèmes. 

Durée de vie : Si le titre propose une profusion de modes de jeu (notamment en Solo) et des contenus supplémentaires à débloquer, la difficulté abusive risque d’en rebuter plus d’un et rend 1080° Snowboarding inadapté à de longues sessions de jeu. Le soft reste toutefois parfaitement adapté à des parties courtes, où l’on prend un plaisir fou à parcourir quelques pistes, juché sur son snowboard. Soulignons également le mode Deux joueurs, particulièrement convivial et qui risque de retenir votre attention pendant un bon bout de temps. 

Bande-son : Loin d’être exceptionnelle, la bande-son est réduite à un strict minimum et ne risque pas vraiment de charmer vos oreilles (hormis en ce qui concerne le thème culte du niveau Golden Forest). Les bruitages constituent quant à eux un point fort du jeu : le crissement de la neige, le bruissement des feuilles, le souffle du vent, tout est fait pour renforcer l’immersion et accroître le sentiment de réalisme. N’oublions pas le désormais légendaire speaker, dont les paroles incompréhensibles sauront vous faire sourire.

Scénario : Bien entendu, le jeu ne comporte aucun scénario. 

Conclusion : 1080° Snowboarding a frappé les esprits à sa sortie, et l’on comprend aisément pourquoi. Doté d’une réalisation léchée et plutôt réaliste, le titre impressionne également par son contenu très généreux, surtout en Solo, et son mode Deux joueurs convivial. En dépit de débuts douloureux, le gameplay est très fluide et il est particulièrement grisant d’arpenter les pistes une fois la jouabilité correctement domptée. On pestera néanmoins contre une difficulté particulièrement injuste et une bande-son trop discrète dans l’ensemble. Le soft reste quoiqu’il en soit un très bon investissement sur Nintendo 64, et saura vous divertir de longues heures, seul ou à deux.