Un an s’est écoulé depuis la sortie de Donkey Kong Country sur Super Nintendo. Le jeu avait fait l’effet d’une bombe : son gameplay très intuitif, ses graphismes en fausse 3D du plus bel effet, sa bande-son enjouée et son ambiance très immersive avaient contribué à la renommée de ce titre. Alors, à la sortie de ce Donkey Kong Country 2 : Diddy’s Kong Quest, ne serait-on pas tenté de se méfier face à un possible coup commercial ? Ce jeu est-il le digne héritier de son prédécesseur ? Réponse dans ce test.

Une nouvelle copine

Ce deuxième opus de la trilogie Country s’ouvre sur un bateau pirate, où Diddy trouve, dans une salle cachée, une lettre de l’ignoble King K. Rool, le crocodile que lui et Donkey Kong avaient vaincu lors du précédent jeu. Celui-ci a kidnappé Donkey Kong et volé son stock de bananes ! Sans hésitation, Diddy part à sa recherche. Il rencontre rapidement sur son chemin Dixie Kong, un jeune chimpanzé femelle affublé d’une casquette rose et d’une longue queue-de-cheval blonde. Celle-ci décide de partir à l’aventure avec Diddy.

Et c’est ainsi qu’une des plus belles aventures de l’histoire du jeu vidéo commence…

Un jeu imaginé comme un tableau

Lors de sa sortie un an auparavant, Donkey Kong Country était déjà une véritable claque graphique. Aussi incroyable que cela puisse paraître, Donkey Kong Country 2 réussit à faire encore mieux. Tout comme dans le premier DKC, les personnages sont des sprites 3D animés sur des décors 2D. Cela permet une animation fluide et très agréable à regarder. Et les décors…

Ah, parlons-en des décors ! Le bateau pirate vogue sur un océan tantôt calme, tantôt déchiré par la foudre ; les marais sont mystérieux et grouillent d’une végétation inconnue ; on aperçoit des feux d’artifice dans les parcs d’attraction ; les niveaux miniers, plongés dans l’obscurité, se révèlent angoissants ; enfin, les niveaux aquatiques sont empreints de poésie et c’est un bonheur que de voir l’écran onduler au rythme du courant.

Vous l’avez compris, Donkey Kong Country 2 est un pur régal pour les yeux. L’ambiance qui se dégage de chaque niveau est envoûtante, le jeu sait vous captiver et vous entraîner dans un univers fantastique grâce à ses graphismes qui, s’ils abordent des thèmes classiques du jeu vidéo, réussissent à donner de la vie à ce jeu.

Le premier niveau du jeu est déjà l’occasion de prendre une belle claque visuelle.

Toi tu sais sauter, moi je sais voler !

Certains joueurs avaient critiqué le premier DKC en raison d’une gestion des sauts un peu imprécise, surtout lorsque l’on jouait avec Donkey. Rareware s’est assuré que ces critiques ne ressurgissent pas. Les deux personnages sont en effet très maniables et répondent au doigt et à l’œil. Tous deux peuvent sauter, faire une roulade, porter des tonneaux, s’accrocher aux lianes, rebondir sur des ennemis, et réaliser une roulade dans le vide puis un saut pour se propulser plus loin. Un nouveau mouvement fait également son apparition ; en appuyant sur A, le personnage que vous contrôlez prend son compagnon sur le dos, et peut le jeter sur un ennemi ou en hauteur pour atteindre des plates-formes jusque-là inaccessibles.

Mais la grande nouveauté de ce jeu, c’est la capacité spéciale de la nouvelle venue, Dixie, sa queue-de-cheval lui permettant de planer quelques instants. Cette fonction peut paraître anecdotique, mais elle simplifie grandement le jeu et permet de gérer ses sauts de façon beaucoup plus précise. Enfin, notons qu’il est possible, à l’instar du premier Country, de changer de personnage à tout moment en appuyant sur Select.

On retrouve également les « amis animaux », certains issus du premier DKC : Rambi le rhinocéros vous permet toujours de courir à toute vitesse et de charger les ennemis avec sa corne ; Engarde l’espadon est un allié précieux dans les niveaux aquatiques, grâce à son rostre acéré ; Rattle le crotale est un serpent qui vous permet de bondir à des hauteurs insoupçonnées ; Squwaks le perroquet vous emmène dans les airs et crache des graines avec son bec ; enfin, Squitter l’araignée peut créer des plates-formes en toile d’araignée pour traverser les précipices ou cracher des toiles pour éliminer les ennemis.

Sans aller plus loin, sachez simplement que le gameplay de Donkey Kong Country 2 : Diddy’s Kong Quest est une perle en matière de plate-forme 2D. Si on pouvait reprocher au premier DKC une relative lourdeur, ce deuxième volet est d’une précision, d’une inventivité et d’une richesse incomparables. C’est bien simple : même au sein d’un même monde, vous ne trouverez pas deux niveaux se ressemblant. Au-delà de l’aspect technique du gameplay, qui est irréprochable, ce qui impressionne dans ce jeu est la variété des situations rencontrées, la richesse du level design.

La caverne d’Ali Baba du jeu vidéo

Pourquoi comparer ce jeu à la caverne d’Ali Baba ? C’est très simple : il y a toujours quelque chose à découvrir ! Les codes du premier DKC ont été conservés : on retrouve les tonneaux DK pour récupérer son allié, les bananes qui offrent une vie lorsqu’on en collecte 100, les ballons de vie, les lettres KONG à découvrir dans chaque niveau… et les zones cachées. Grande force du premier Donkey Kong, ces zones cachées poussaient le joueur à revenir tenter l’aventure, ne serait-ce que pour découvrir une de ces zones bonus au hasard d’un tonneau mal lancé ou d’un saut mal exploité, et dont la découverte faisait grimper le pourcentage visible à l’écran titre, pour enfin atteindre le chiffre non pas de 100, mais de 101 %.

Dans Donkey Kong Country 2, de nouveaux secrets font leur apparition : désormais, chaque niveau abrite une pièce DK, souvent très bien cachée, et qui constitue l’un des challenges les plus difficiles du jeu. De plus, les zones cachées vous donnent maintenant accès à un niveau bonus qui, si vous le réussissez, vous donne une pièce Krem. Ces pièces sont au nombre de 75, et elles peuvent être utilisées pour débloquer l’accès à un huitième monde caché, qui, si vous en complétez tous les niveaux, vous donne accès à la vraie fin du jeu.

On trouve également des pièces banane qui servent de monnaie d’échange, par exemple pour obtenir des conseils auprès de Cranky Kong, pour sauvegarder chez Wrinkly Kong, pour emprunter les tonneaux volants de Funky Kong, ou participer au grand jeu télévisé de Swanky Kong ! Si ces niveaux sont facultatifs, ils sont souvent propices à des dialogues hilarants qui valent la peine d’être lus.

Bref, si terminer le jeu en ligne droite est relativement court (de 5 à 7 heures), percer à jour tous les secrets de ce deuxième opus de la trilogie vous demandera des heures de persévérance ; la récompense ultime, pour les joueurs les plus méritants, sera l’affichage du pourcentage maximal : 102 %.

Offrez vos pièces Krem à Klubba pour obtenir l’accès aux niveaux du huitième monde.

Un challenge parfaitement équilibré

Je viens de dire que terminer le jeu en ligne droite ne prend que peu de temps. N’allez cependant pas croire que Donkey Kong Country 2 est un jeu facile ! En tant que jeu de plate-forme 2D, il recèle son lot de pièges, d’ennemis, de sauts millimétrés, et de courses contre-la-montre. Les derniers niveaux, notamment, sont longs, difficiles, remplis d’ennemis, et ne comportent qu’un seul point de sauvegarde.

Cependant, le jeu réussit un véritable tour de force. Le premier Country avait été décrié pour le caractère vicieux de certains de ses pièges, notamment dans les derniers mondes, où il fallait mourir au moins une fois avant de comprendre comment esquiver le piège. Cette suite, quant à elle, ne souffre pas de ce défaut. Certes, le jeu est difficile, et il vous arrivera de pester contre votre manette après un saut mal dosé ; mais on se rend vite compte que le jeu ne nous piège à aucun moment, et que si l’on ne réussit pas, c’est uniquement de notre faute. Cette particularité vous incitera à revenir à votre console, simplement pour enfin passer ce précipice, pour finalement battre ce boss, pour attraper cette lettre KONG qui semble inaccessible.

Un petit aparté sur les boss : on avait critiqué ceux du premier DKC pour leur manque d’inventivité et de challenge. Les boss de cette suite, avouons-le, n’ont rien d’extraordinaire, mais leur difficulté a tout de même été relevée.

Le jeu n’est donc jamais réellement frustrant, et tout au long de la partie, c’est le plaisir de jeu qui prime. Et entre nous, quelle fierté de finir enfin un niveau difficile uniquement grâce à son talent et sa persévérance !

Une bande-son qui achève de nous immerger dans l’ambiance

Comme je le disais plus haut, le soin apporté aux graphismes témoigne d’une réelle volonté de plonger le joueur dans l’ambiance du titre. La musique réussit à atteindre le même objectif avec brio.

Dès l’écran titre, le ton est donné : de puissants cuivres se font entendre, suivis par des percussions, le tout entonnant une musique presque militaire, nous rappelant l’aventure extraordinaire que nous allons vivre, et aux accents de musique pirate, pour nous rappeler l’atmosphère du premier monde.

Les niveaux aquatiques ont une musique douce et relaxante ; les niveaux forestiers sont plus endiablés, à l’image de la vie qui grouille dans les bois ; les grottes sont agrémentées d’accords inquiétants, nous plongeant dans le mystère du niveau ; chaque niveau dispose d’une musique qui colle parfaitement à son thème, et qui transcrit les émotions que l’on pourrait ressentir si nous nous trouvions réellement dans ces niveaux.

Donkey Kong Country 2 : Diddy’s Kong Quest est une balade musicale, une invitation au voyage auditif, un pur plaisir pour les oreilles.

Cranky est de retour, pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques.

C’est l’heure de rendre les copies !

Graphismes : Je l’affirme, DKC2 possède les meilleurs graphismes de la Super Nintendo. Le jeu est beau, le jeu est fluide, le jeu nous enchante en permanence avec des niveaux au style graphique d’une richesse et d’une beauté jamais égalées sur Super Nes. Le style graphique donne une véritable personnalité au jeu, le rendant inoubliable.

Jouabilité : La quintessence de la plate-forme 2D. Tous les défauts du jeu original ont été retirés pour laisser place à un gameplay sobre, simple, intuitif et précis. De plus, la diversité des situations rencontrées dans le jeu permet d’éviter la répétitivité, et rend le jeu palpitant à chaque instant.

Durée de vie : Si le jeu est relativement court pour qui s’empressera d’atteindre les crédits de fin, il dévoile toute sa richesse dès lors qu’on décide d’en percer les secrets. Tous les bonus dissimulés dans le jeu le rendent très long, et même sans chercher à obtenir les 102 %, vous reviendrez probablement sur ce jeu, ne serait-ce que pour flâner dans les niveaux…

Bande-son : Un vrai régal. Les musiques ne sont pas particulièrement marquantes, ou superbement orchestrées, mais elles ont le don incroyable de transporter le joueur et de le plonger au cœur du jeu. Elles collent parfaitement aux différents niveaux visités, et c’est là l’essentiel.

Scénario : Donkey s’est fait kidnapper, le stock de bananes a été volé, Diddy se trouve une petite copine, et Dark Vador c’est le père de Luke ! 

Conclusion : Donkey Kong Country 2 : Diddy’s Kong Quest est à n’en pas douter l’un des meilleurs jeux de la Super Nintendo. C’est peut-être même l’un des meilleurs jeux de plates-formes jamais crée. Avec un gameplay confinant au génie, des graphismes encore aujourd’hui de toute beauté, une bande-son excellente, un challenge motivant, et une ambiance renversante, cette suite de Donkey Kong Country est définitivement entrée dans la légende.