« F-Zero » : un nom qui claque comme l’étendard au vent, apportant avec lui toutes les effluves de la glorieuse époque Super Nintendo. Réputé très difficile, cet ancêtre du jeu de course futuriste avait contribué à définir les bases d’un genre qu’on ne présente plus aujourd’hui. A l’aide de bolides défiant les lois de la physique, on accélérait avec assurance de quelques centaines de km/h en quelques secondes, les cheveux (ou les tentacules) dans le vent. La concurrence était rude et les fameux virages à angle droit (de vrais angles bien pointus, pas les arrondis pour fillettes qu’on retrouve dans les simulations), parfois plus serrés même pouvaient être un vrai cauchemar : on a la course en main, le dernier virage à négocier, un centième de seconde de distraction, et paf ! On se retrouve cinquième (voire avant-dernier) sans même avoir compris ce qui s’est passé.

Simplifions les présentations au maximum : F-Zero c’est un concept qui défie les lois du temps voilà, c’est dit ! Alors cet opus qui débarque sur GameCube avec la prétention de reléguer ses illustres aînés (car d’autres excellents F-zero ont vu le jour auparavant sur N64 ou sur GBA) au rang de symboles anciens peut apparaître d’emblée un peu vaniteux. Ce test va devoir faire la démonstration qu’il n’en est rien.
Non, ce jeu ne vole pas sa réputation. La sensation de vitesse éprouvée ici est véritablement grisante. On glisse en défiant toutes les lois de la gravité : sur le sol, les murs, au plafond, on grimpe des pentes à 90° comme si on les descendait : avec facilité, avec agilité, et avec grand plaisir. Le confort de jeu est très bon, et surtout direct. En toute honnêteté, ce jeu ne nécessite pas de prise en main réelle. C’est plutôt vous que le jeu prend en main à travers de nombreux niveaux parfois simples, parfois retords. On meurt souvent mais jamais l’orgueil n’est blessé, tout juste piqué au vif car on s’incline sans honte. Mais on recommence, encore et encore, en espérant toujours gagner la course (le mode hard est fortement recommandé pour tout amateur de challenges). Et quand on y parvient, on peut être vraiment fier de soi : la maîtrise et l’engagement sont les maîtres-mots dans F-Zero GX ! Le nombre d’éléments à contrôler avec efficacité est toujours important : les turbos, les boosts, les zones de soin, les rebords à éviter, ou le manque de rebords, les virages impromptus, le comportement des adversaires, et surtout le notre. L’entraînement ne sera pas de trop ! Graphiquement, on prend une claque : non par le réalisme des décors (futurisme oblige), mais par leur beauté tout simplement. Ils sont extrêmement bien modélisés, et encore une fois, le rendu de la vitesse est parfois psychédélique (de type « spirale infernale »). Par rapport à un jeu HD en 2010, bien sûr que ce rendu peut laisser un peu sur sa fin. Mais nous sommes ici sur Gamecube en 2003 et franchement c’est un régal !

Parlons maintenant technique : la série F-zero contient dans son essence des virages à angle droit, de nombreux concurrents, une importante difficulté (voire très importante), des décors futuristes enthousiasmants, et une ambiance unique : bref un jeu addictif dès les premiers instants. F-zero GX ne fait pas exception, vous retrouverez dans ce jeu tous ces éléments rendus plus impressionnants par une 3D exemplaire.
Le mode permettant de customiser ses propres vaisseaux (construction de vaisseau en achetant des éléments ou customisation de vaisseaux déjà existants) avec notamment un éditeur de symbole perso à apposer comme bon vous semble sur la carrosserie. Le mode histoire est assez intéressant à faire, avec de belles cinématiques entre les courses et autres défis à relever. Le multi est bien traité : tout comme le mode entraînement, vous bâtissez votre course comme vous l’entendez : choix de la course, du nombre d’adversaire (0 à 30), du nombre de tours, et également de récupérer ou non votre énergie (les fameuses bandes multicolores sur la piste sont (également de la partie). Les différents modes de difficulté permettent à chacun de s’y essayer selon ses goûts: le mode débutant permet du fun assez facilement, mais le mode hard demandera un engagement sans faille de la part du joueur comme la tradition l’ordonne.
Bien sûr, tout n’est pas parfait : certaines courses manquent de visibilité et l’on ne manque pas de finir dans le décor à moins de connaître parfaitement le tracé. Cela se retrouve aussi en multi en écran splitté : on se rend compte qu’il vaut presque mieux voir sur les côtés (split horizontal) que devant soi par moments puisque les virages sont presque imprévisibles. Affaire de goût. En vérité, c’est un peu le jeu qui veut ça : l’aspect futuriste des décors les fait parfois scintiller et cela peut brouiller quelquefois la vision du joueur, et puis une telle vitesse demande de bons réflexes ainsi qu’un instinct de pilote. Au vu du niveau de difficulté des adversaires, et de l’exigence des courses, hélas parfois ça ne pardonne pas. Cependant, l’habitude comme le plaisir de jeu effacent très rapidement cette impression au profit d’un très grand plaisir à arpenter toutes les pistes, mêmes les plus difficiles. Concernant les menus enfin, ils sont pratiques et on ne saurait leur reprocher un petit manque d’originalité : ils remplissent leur rôle parfaitement et c’est bien l’essentiel.

Pour conclure, cet opus GX est un digne représentant de la saga de course futuriste sans véritable défaut, et au contraire présentant de très bonnes qualités. La 3D du Cube effacera vite le mode 7 de la SNES ou la 3D “primitive” de la N64, et le fan de f-zero n’y reviendra plus que par nostalgie. Ce jeu est bien sûr assez différent de ses collègues du genre Course (rallye, karting, ou simulation), on pourra donc aimer comme détester, mais pour quiconque est un peu sensible au genre il promet de belles heures de jeu avec un contenu à débloquer très important. Un incontournable sur le Cube, c’est certain! Après tous, l’affichage simultané au démarrage des noms Sega et Nintendo ne suffit-il pas à le rendre culte?