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Si vous êtes comme moi, la perspective d’un jeu alliant Sega et Nintendo vous a sûrement paru impossible durant une bonne dizaine d’années. Bien avant la licence « Mario et Sonic », les deux ennemis jurés s’étaient déjà alliés en 2003, et aux côtés d’Activision, ils avaient donné naissance à un jeu génial. F-Zero GX.

GX est donc le quatrième volet de la saga, après F-Zero sur SNES, F-Zero X sur 64, et F-Zero : Maximum Velocity sur GBA. F-Zero est une des séries phares de Nintendo, même si un peu laissée sur la touche en ce moment. Elle a toujours été acclamée pour ses graphismes, son gameplay nerveux, et son challenge. F-Zero GX reprend-il les éléments qui ont fait le succès de ses prédécesseurs ? Et pourquoi est-il, encore aujourd’hui, considéré comme le meilleur opus par la plupart des fans ? Réponse dans ce test.

C’est beau, c’est fluide, ça fait mal à la tête

Tout d’abord, les graphismes sont sublimes. Les graphismes de GX sont parmi les plus beaux de la Gamecube, et ils sont très supérieurs, encore aujourd’hui, à plusieurs jeux Wii comme Mario Kart. Le souci du détail est palpable dans chaque circuit. Un ciel noir qui se zèbre d’éclairs, une colonne de flammes qui surgit devant vous, une traînée de lumière derrière votre véhicule, on assiste en permanence à un déluge d’effets visuels d’une rare beauté. A l’inverse de F-Zero X (l’opus N64), où les limitations techniques avaient contraint les développeurs à cacher la vacuité des décors derrière un épais brouillard, chaque circuit est ici très détaillé, rempli de bâtiments, de végétation ou d’effets lumineux à couper le souffle.

Et pour ajouter à cette pléthore graphique, l’ensemble est d’une fluidité incroyable malgré le nombre énorme d’éléments à afficher. Le jeu ne subit aucune baisse de framerate, et le tout défile à une telle rapidité que la sensation de vitesse est l’une des plus jouissives jamais atteintes dans un jeu vidéo. Quand votre véhicule s’envole à 1500 km/h, le plaisir ressenti devant tant de nervosité est immense. Malgré un (très) léger clipping, le tout reste hallucinant.

De sublimes parcours au tracé très complexe.

F-Zero GX, ou l’exact opposé de Mario Kart

Le gameplay est également nerveux. Vous contrôlez votre vaisseau comme dans n’importe quel jeu de course, mais l’extrême rapidité vous oblige à être très réactif. Le dérapage a une importance capitale dans ce F-Zero : un virage mal négocié vous envoie dans le mur (voire le vide), ce qui se révèle très handicapant. A partir du deuxième tour, vous pouvez utiliser le booster en appuyant sur Y, ce qui fait momentanément augmenter votre vitesse. Prudence toutefois : le booster diminue votre barre de vie, et si celle-ci arrive à zéro (après un choc ou une utilisation abusive du boost), c’est fini. Précisons également que tomber dans le vide équivaut à une fin de course. Avec X, vous pouvez donner une attaque latérale pour tenter de détruire les véhicules à vos côtés, et Z déclenche une attaque tourbillonnante qui, si elle est très puissante, fait perdre de la vitesse.

Ici, pas d’objets : vos seules armes sont votre dextérité et votre rapidité. Contrairement à un Mario Kart, où la chance peut vous donner la première place, un pilotage parfait est requis pour espérer obtenir un bon classement.

Le jeu compte en tout 41 véhicules (dont 11 cachés) qui possèdent chacun des caractéristiques différentes. Chaque véhicule possède trois aptitudes : la résistance, le boost, et la tenue de route (le poids du véhicule influant également sur ses performances). Chaque critère est noté de A à E. Un véhicule avec un E en résistance et un B en tenue de route est à réserver aux pilotes qui préfèrent naviguer avec aisance, tout en finesse. A l’inverse, un A en résistance et en boost impliquera souvent un véhicule taillé pour le combat et la vitesse de pointe. Il n’existe cependant aucun véhicule parfait ; à vous de trouver votre style de conduite.

Avant chaque course, un curseur vous permet de sélectionner l’orientation de votre véhicule, c’est-à-dire si vous préférez miser sur l’accélération, la vitesse de pointe ou des statistiques équilibrées.

Enfin, précisons qu’en accomplissant divers objectifs, vous débloquerez des pièces à acheter, afin de construire votre propre vaisseau customisé. Il existe près de 17 000 combinaisons, vous n’avez donc que l’embarras du choix.

L’attaque tornade, à utiliser avec modération !

Vous allez pleurer du sang, hurler de rage, briser vos pouces et consumer vos nerfs sur ce jeu

La durée de vie est elle aussi extrêmement longue. Au début du jeu, vous disposez de trois coupes (Rubis, Saphir, Emeraude) et de trois modes de difficulté (Novice, Standard, Expert). Deux coupes sont à débloquer (Diamant et AX) ainsi qu’un mode de difficulté supplémentaire, Master. En tout, pas moins de 26 circuits vous attendent, répartis dans cinq coupes différentes.

En plus de cela, chaque circuit possède un fantôme de développeur qu’il vous faudra débloquer puis vaincre. Certains sont particulièrement difficiles, donc il ne me reste qu’à vous souhaiter bon courage…

Enfin, un mode Story vous propose 9 missions, chacune dans trois modes de difficulté : Normal, Hard, Very Hard. A noter que finir une mission en Very Hard débloque un vaisseau caché. Si vous avez joué à F-Zero GX, vous savez une chose : F-Zero GX a beau être un jeu fun, nerveux, et jouissif, sa difficulté est infernale. Et je pèse mes mots. A partir du mode Expert, l’IA devient extrêmement agressive et rapide (sans toutefois tricher). De même, le mode Story est un calvaire en Normal ; certaines missions en Very Hard relèvent de la torture, nécessitant une précision, un talent, un entraînement et une chance inimaginables. Mais malgré tout, on se sent poussé à y revenir, juste pour débloquer ce perso, juste pour voir ces deux mots : MISSION CLEAR, illuminer son écran. F-Zero GX est un jeu intense, qui ne se dévoile qu’aux joueurs méritants. Mais une chose est sûre, la sensation éprouvée après avoir fini une mission en Very Hard est inégalable.

Un saut mal négocié, et c’est fini.

A part ma corde nostalgique, rien ne vibre

La bande-son est malheureusement l’un des rares points négatifs de ce jeu, avec des remix techno peu agréables. Il est cependant possible de débloquer deux remix des thèmes les plus cultes de F-Zero : Mute City et Big Blue. Peu de choses à dire, les bruitages sont cependant très réussis et contribuent à l’immersion.

En bonus avec le jeu : un scénario plutôt correct

Pour une fois, un jeu de course présente un réel scénario. En effet, les missions du mode Story sont liées et nous font assister à la poursuite par Captain Falcon d’un criminel qui aurait des projets diaboliques. Le tout est agrémenté par des cinématiques très réussies. Ce n’est pas du Metal Gear Solid niveau scénario bien sûr, mais ça a son petit charme.

Les cinématiques ont bien vieilli.

C’est l’heure de rendre les copies !

Graphismes : Rarement un jeu aura été aussi fluide, rapide, nerveux. On sent qu’on atteint des vitesses stratosphériques, qu’on virevolte comme des fusées, et pourtant aucun ralentissement n’est à déplorer. Les environnements sont eux aussi des bijoux, avec des tracés sinueux et extrêmement détaillés.

Jouabilité : Une maniabilité intuitive, simple à prendre en main, mais qui recèle son lot de techniques de pilotage avancées. Un bonheur, diablement jouissif ; en bref, ce qui se fait de mieux en terme de jeux de course.

Durée de vie : Malgré une difficulté légendaire et parfois frustrante, le jeu propose un nombre incroyable de modes de jeu, et autant de défis à relever. F-Zero GX est, à n’en pas douter, un jeu qui vous tiendra en haleine. Le mode multijoueur est cependant peu réussi. 

Bande-son : Le jeu pèche de ce côté. Malgré des remix à débloquer, l’ensemble est pauvre, et même les voix en anglais ne parviennent pas à faire oublier la tiédeur des compositions.

Scénario : On apprécie l’effort fourni pour réaliser un scénario qui tienne (à peu près) la route. On se laisse entraîner dans les pérégrinations de Captain Falcon avec plaisir, et le tout est rehaussé par des cutscenes bien sympathiques.

Conclusion : F-Zero GX reste l’un des meilleurs jeux de course imaginé par Nintendo. Malgré une difficulté parfois insoutenable et une bande-son moyenne, le titre fait forte impression avec son gameplay parfaitement huilé, ses nombreux modes de jeu, ses graphismes extrêmement impressionnants, et surtout, le plaisir incomparable qu’un vaisseau lancé à 2000 km/h procure. Une bombe à ne surtout pas manquer, pour peu que vous aimiez les challenges un peu relevés.