FZero_SNES_Jaquette

Nous sommes en 1990. Après son entrée fracassante sur le marché des consoles avec la NES, Nintendo doit confirmer avec son nouveau projet, baptisé Super Nintendo. Au lancement de la console, F-Zero impressionne grandement le public et lance, avec son compère Super Mario World, le mythe de la Super NES. Quel est le secret de ce succès ? Vingt ans après, le jeu a-t-il conservé toutes ses qualités ? Réponse dans ce test.

C’est beau, c’est en 3D, c’est tout pixellisé, c’est la magie du mode 7

F-Zero faisait donc partie du line-up de la Super Nintendo, autrement dit des jeux disponibles dès le lancement de la console. Un coup d’œil aux graphismes suffit pour comprendre les raisons de ce choix : en effet, F-Zero exploite au maximum le mode 7, qui permettait à la Super Nintendo d’afficher des effets de profondeur pour donner l’illusion de la 3D. Le jeu constituait donc une véritable vitrine technologique des performances de la petite sœur de la NES.

Le jeu se déroule donc dans un faux environnement 3D ; et ce qui frappe tout d’abord, c’est la sensation de vitesse. Malgré son âge vénérable, F-Zero réussit toujours à faire ressentir au joueur la vitesse de son vaisseau, lancé à plus de quatre cents kilomètres par heure sur des circuits au tracé sinueux.

Parlons-en de ces circuits ! Au nombre de quinze, il est à souligner que plusieurs sont des évolutions d’autres parcours. On retrouve tout de même près d’une dizaine de thématiques différentes, allant de la métropole futuriste (Mute City) à l’océan infini (Big Blue) en passant par le désert (Sand Ocean) ou les pistes glaciales (White Land). Chacune de ces thématiques possède une identité graphique particulière et est immédiatement reconnaissable ; la plupart est même devenue une marque de fabrique de la saga.

Certes, le jeu a, techniquement parlant, assez mal vieilli. Le mode 7 si révolutionnaire en 1990 paraît aujourd’hui bien pixellisé, et certains décors sont réellement pauvres en détails quand on voit ce qui sera réalisé plus tard sur la même machine. Souvenons-nous toutefois que le jeu est le plus ancien de la console…

Paré au départ ?

Le Golden Fox : une leçon de triche

En termes de gameplay, on a coutume de dire que F-Zero a réellement inventé le jeu de courses tel qu’on le conçoit aujourd’hui. Et l’on comprend aisément pourquoi, lorsqu’on voit à quel point F-Zero pose les fondements du genre, fondements qui seront réutilisés dans l’intégralité des jeux de courses ultérieurs !

Le gameplay est ainsi assez basique : B permet d’accélérer, L et R de déraper afin de prendre des virages plus nerveux, et A permet d’utiliser un turbo. Le joueur obtient un turbo à chaque fois qu’il effectue un tour de piste, pour un total de cinq tours par course. Le jeu introduit également la notion de barre de vie : si vous heurtez un mur, une mine ou un concurrent, votre barre de vie diminue. Lorsque celle-ci atteint zéro ou que vous tombez dans le vide, vous perdez une vie. Perdez toutes vos vies, et la partie est terminée… Il est possible de regagner de la vie en se plaçant sur des zones dédiées.

Le jeu permet d’incarner quatre personnages qui deviendront par la suite emblématiques de la série. L’inimitable Captain Falcon, à bord de son Blue Falcon, présente des performances équilibrées malgré des dérapages parfois mal contrôlés. Le Golden Fox du Dr. Stewart mise tout sur l’accélération mais présente une vitesse de pointe médiocre et un contrôle assez délicat. Le Wild Goose de Pico est quant à lui résistant, avec une vitesse de pointe et une accélération correctes. Enfin, le Fire Stingray de Samurai Goroh a une très mauvaise accélération et est très lourd, mais présente la meilleure vitesse de pointe et permet de négocier aisément les virages.

Il est cependant regrettable que durant les courses, l’intelligence artificielle triche de façon assez flagrante en maintenant une vitesse maximale et en effectuant un parcours absolument parfait, alors que le joueur voit sa progression gênée par d’autres véhicules qui ont le don de se placer dans sa trajectoire. La difficulté est ainsi très élevée et pas toujours équitable, et ce même en mode Débutant…

Certains tracés mettront vos réflexes à l’épreuve.

Personne ne vous dira : « Tu viens, on se fait un petit F-Zero ? »

La durée de vie de ce premier titre de la série est, il faut l’avouer, assez famélique. Dès l’allumage de la console, deux modes de jeu vous sont proposés : Grand Prix et Practice. Le premier vous permet de vous lancer à l’assaut des coupes Knight League, Queen League et King League, dans trois modes de difficulté (Débutant, Standard, Expert). Malheureusement, la grande difficulté, les multiples abus de l’intelligence artificielle et l’absence de récompenses risquent de vous détourner de ce mode assez rapidement.

Le joueur sera donc poussé à se rabattre rapidement sur le mode Practice, qui permet de s’entraîner sur la course de votre choix. Il est cependant regrettable de constater que tous les circuits ne sont pas jouables dans ce mode : il est donc probable que vous soyez contraints de passer par le mode Grand Prix pour arpenter votre parcours favori…

Enfin, la véritable déception réside dans l’absence de mode multijoueur. En effet, F-Zero ne propose qu’un mode solo assez peu garni, et même si l’on prend plaisir à relancer le jeu pour quelques courses nerveuses, la lassitude risque de se faire sentir plus vite qu’on ne l’aurait espéré.

Mute City, un circuit et une musique devenus légendaires.

Le saviez-vous ? Un album d’arrangements jazz de l’OST est sorti au Japon

Les musiques du jeu ont marqué bon nombre de joueurs, et l’on comprend aisément pourquoi. En effet, tous les thèmes cultes depuis devenus indissociables de la série sont déjà présents. Le joueur sera donc ravi de pouvoir entendre les inoubliables thèmes de Mute City ou de Big Blue dans leurs versions originales.

D’un point de vue purement technique, les compositions sont d’un niveau relativement honnête : quoique n’exploitant pas pleinement les capacités sonores de la SNES (c’est le premier jeu de la console, je le rappelle !), elles se révèlent tout de même suffisamment entraînantes pour plaire au joueur et rester dans son esprit longtemps après la fin de la partie…

Traversez ces zones striées pour regagner de l’énergie.

C’est l’heure de rendre les copies !

Graphismes : Si l’ensemble a assez mal vieilli, le bilan du tout premier jeu de la Super Nintendo reste correct, avec un mode 7 particulièrement bien employé. Malgré une pixellisation importante, les décors restent assez agréables à regarder avec des thématiques facilement identifiables. De plus, l’animation est excellente, avec une sensation de vitesse encore aujourd’hui palpable. 

Jouabilité : Si l’on regrettera des virages parfois un tantinet capricieux et une intelligence artificielle franchement malhonnête, le gameplay est un modèle du genre. Les véhicules répondent sans coup férir et c’est un réel plaisir que de naviguer dans les différents environnements. F-Zero pose donc avec succès les bases du jeu de courses moderne. 

Durée de vie : Le réel point faible du jeu. Le Grand Prix et sa difficulté redoutable risquent de venir à bout même des plus acharnés, et l’absence pure et simple de mode multijoueur ne vient pas embellir le tableau. Reste un mode Practice bien sympathique bien qu’un peu pauvre en circuits et lassant à la longue. 

Bande-son : Véritablement réussie quoiqu’un peu faible sur le plan technique, la bande-son comporte tous les thèmes de la série devenus cultes (Big Blue, Mute City, Sand Ocean, Fire Field…). Ces thèmes sont réellement entraînants et savent, grâce à leur rythme, s’inscrire dans l’esprit du joueur. 

Scénario : Evidemment très simpliste, le pitch est expédié en quelques lignes dans le manuel du jeu. Aucun intérêt à s’y arrêter, vous l’aurez deviné.

Conclusion : Vingt ans après, F-Zero premier du nom a quelque peu perdu de sa superbe. Son gameplay toujours parfaitement rodé, sa réalisation toujours correcte et sa bande-son marquante ne parviennent toutefois pas à occulter un contenu squelettique, une difficulté souvent injuste et un mode deux joueurs dont l’absence se fait cruellement sentir. Le jeu reste très adapté à des sessions de jeu courtes, mais ne vous attendez pas à y passer des heures entières.

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