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Final Fantasy VI a toujours été un épisode privilégié par les joueurs. Dernier Final Fantasy de l’époque 16 bits, le jeu aura marqué toute une génération par son ambiance, son scénario, ses personnages, son gameplay, sa musique, bref plus ou moins tout. Encore aujourd’hui, des joueurs n’hésitent pas à le qualifier de meilleur épisode de la série, aux côtés d’autres monstres sacrés que sont Final Fantasy IV ou Final Fantasy VII. Alors, que retenir de ce sixième opus ? Le jeu est-il réellement excellent, ou embelli par le temps comme le chantait Brassens ? Réponse dans ce test.

He will do anything for money…

Parlons des graphismes. Certes, si la 2D adoptée et les sprites énormes peuvent faire sourire, force est de constater que le jeu, encore à l’heure actuelle, se révèle joli, voire impressionnant sur le plan graphique. Les décors sont très travaillés compte tenu des limitations techniques de la Super Nintendo, et l’intérieur des bâtiments dispose souvent d’une architecture détaillée et relativement réaliste. On pourra reprocher un certain manque de variété dans les différents villages traversés, mais hormis cela, il n’y a rien à dire.

Les effets de combat sont eux aussi très réussis. Que ce soit les arrière-plans très réalistes, les animations liées aux attaques spéciales des personnages, le design inspiré des ennemis et des boss, les effets lumineux dus à l’utilisation des magies, ou encore les sprites gigantesques et détaillés des multiples invocations du jeu, les combats de ce Final Fantasy sont une véritable prouesse qui n’a pas à rougir face aux productions actuelles.

Les personnages disposent eux aussi d’un design réussi. Malgré la limitation évidente liée à la Super Nintendo, chaque personnage dispose d’un sprite unique en son genre réussi, et les émotions sont très bien représentées au travers d’expressions faciales certes simplistes, mais immédiatement identifiables. On regrettera que ces sprites ne ressemblent guère aux illustrations originales, mais souvenons-nous que le jeu tient sur une cartouche 16 bits !

On notera également l’utilisation réussie du mode 7, cette fausse 3D propre à la SNES, notamment utilisée sur la carte du monde et lors des voyages en vaisseau. Elle est même utilisée lors de certaines petites cinématiques illustrant un moment clé du scénario ; un effort que l’on ne peut que saluer.

La magie a disparu, mais certains veulent la reconquérir…

He comes and goes like the wind…

Quatorze, tel est le nombre de héros jouables dans cette sixième mouture de la série Final Fantasy. Ce nombre est le plus élevé jamais atteint dans la série, et cette catégorie vous les présentera succinctement.

Terra Branford, premier personnage jouable du jeu, est une magicienne asservie par l’Empire. Après s’être libérée, elle part à la recherche de son passé et d’un idéal dans la vie. Elle sera rapidement rejointe par Locke Cole, chasseur de trésors autoproclamé, dont les méthodes s’approchent plus de celle d’un voleur, ses compétences en crochetage de serrure restant inégalées.

Vient ensuite le meilleur ami de Locke, Edgar Roni Figaro, le roi du royaume de Figaro, homme sérieux et responsable mais également coureur de jupons à ses heures. Son frère, Sabin René Figaro, a fui ses responsabilités de roi pour devenir un culturiste au grand cœur qui sauvera plus d’une fois la mise du groupe. Cyan Garamonde, meilleur épéiste du royaume de Doma, est un homme d’honneur qui fait passer sa famille et son roi avant tout. Gau, un enfant sauvage ayant grandi dans la terre hostile du Veldt, complète le groupe.

Celes Chere, ancien général de l’Empire doté de pouvoirs magiques, rejoint le groupe après avoir été torturée pour avoir contesté une décision de l’Empereur. Son charme ne laisse pas Locke indifférent… Setzer Gabbiani, joueur invétéré, ingénieur de génie et homme à femmes, sera d’une aide précieuse pour l’équipe grâce à son vaisseau volant, le Blackjack. Mog est, comme son nom l’indique, une de ces créatures emblématiques de la série, et rejoindra le groupe après que celui-ci l’ait sauvé des griffes d’un loup affamé.

Strago Magus, vieux magicien coulant des jours paisibles dans le village de Thamasa, constitue le dixième personnage jouable du jeu. Il est accompagné par sa petite-fille, Relm Arrowny, dont les talents de peintre n’ont d’égaux que son impolitesse vis-à-vis des adultes et son impétuosité. Shadow est quant à lui un mystérieux ninja revêtu d’une armure noire, accompagné de son chien Interceptor, et dont la réputation de tueur n’est plus à faire. Il possède un lien très fort avec l’un des personnages…

Enfin, deux personnages optionnels viennent conclure cette liste. Umaro est un yéti très musclé qui, pour une raison obscure, se révèle être l’esclave de Mog, et Gogo est un être (on ignore jusqu’à son sexe !) enfoui sous des montagnes de draperies, et possédant des dons d’imitation exceptionnels.

Un combat au cadre peu banal, puisqu’il prend place sur une scène d’opéra.

Swearing allegiance to no one…

Le gameplay de FFVI est un modèle du genre. Reprenant tous les éléments conventionnels qui ont fait le succès de la série et du RPG en général, le jeu se permet d’y ajouter plusieurs innovations qui ont été par la suite reprises dans les autres jeux de la firme. On retrouve donc les équipements, l’Active Time Battle instauré dans FFIV, les rencontres aléatoires, la magie, les invocations, les Chocobos, le vaisseau volant qui permet de sillonner la planète…

La première innovation majeure concerne l’apparition des reliques. Ces objets, qui deviendront par la suite un standard de la série, sont des équipements qui permettent d’augmenter les statistiques de vos personnages ou de leur conférer une capacité spéciale : on trouve pêle-mêle l’augmentation de l’Attaque, la possibilité de lancer des magies en consommant la moitié des MP, ou encore la capacité d’attaquer jusqu’à huit fois par tour ! Cette nouveauté, bien que n’ayant pas un impact énorme sur le déroulement des combats, apporte un renouvellement bien sympathique.

La deuxième nouveauté concerne l’apprentissage des magies. Hormis quelques personnages qui gagneront des sorts en montant de niveau (parmi une gamme limitée), la plupart de vos héros ne sont pas aptes à utiliser la magie. C’est là que surgissent les invocations, ou Espers comme elles sont nommées dans le jeu. A tout moment, vous pouvez équiper une invocation à la fois sur un personnage. En plus de l’attaque liée à cet Esper, chacun d’entre eux permet d’apprendre une palette de sorts au personnage sur lequel il est équipé. En équipant Ramuh sur Locke, vous pourrez lui faire apprendre Foudre, Foudre 2, et Poison, par exemple.

L’apprentissage obéit également à la règle du « taux d’apprentissage ». Chaque magie dispose d’un « taux ». A la fin de chaque combat, vous obtenez des Points Magiques qui vous permettent d’apprendre les magies relatives à vos Espers. Le nombre de Points Magiques obtenus est multiplié par le taux d’apprentissage de la magie afin de calculer le pourcentage de magie apprise. Notez que toutes les magies liées à un Esper s’apprennent en même temps : si vous obtenez 3 Points Magiques après un combat, toutes les magies liées à l’Esper de votre personnage obtiendront 3 PM, multipliés par le taux d’apprentissage propre à chaque magie. De plus, si vous changez l’Esper équipé alors que vous n’avez pas fini d’apprendre une magie, vous ne perdez pas l’expérience déjà accumulée. Exemple : avec Ifrit, la magie Feu a un taux d’apprentissage de 10 et la magie Feu 2 un taux de 5. Si vous récoltez 2 Points Magiques après un combat, le pourcentage de Feu obtenu sera égal à 2 x 10 = 20 % et celui de Feu 2 sera égal à 2 x 5 = 10 %. Une fois les 100 % atteints, la magie est apprise.

Ce système offre cependant un désavantage : chaque personnage peut être transformé en un combattant surpuissant avec les bonnes magies, ce qui diminue la dimension stratégique des combats. De plus, il existe des combinaisons de magies qui « tuent » la difficulté du jeu en provoquant des morts instantanées ; heureusement, ces combinaisons ne sont réalisables que relativement tard dans le jeu.

Les Espers ont une autre fonction : chacun d’entre eux donne un bonus spécifique de statistiques au personnage sur lequel il est équipé lorsque celui-ci monte de niveau. Si vous équipez Odin sur Terra, celle-ci gagnera deux points de Vigueur en plus au niveau supérieur. Les personnages peuvent ainsi voir leurs aptitudes augmenter de façon personnalisée, ce qui constitue un ajout intéressant.

Parlons enfin du troisième ajout, et le plus important : les Skills. Chacun de vos personnages dispose d’une aptitude qui lui est propre, une sorte de pouvoir spécial qui peut avoir différents effets en combat. Ces effets sont très différents, et sans tous les détailler, en voici quelques-uns : Terra se transforme momentanément en Esper pour accroître sa puissance ; Sabin utilise des attaques surpuissantes déclenchées par des combinaisons de boutons rappelant Street Fighter ; Locke peut voler des objets aux ennemis ; Shadow lance des armes pour blesser l’adversaire. Chacune de ces aptitudes est unique, et si certaines sont plus utiles que d’autres, toutes ont une fonction précise qui peut changer la donne lors d’un combat.

Ah, cette cinématique d’introduction…

Hidden behind his wintry gaze…

Comparé aux autres jeux de la série, Final Fantasy VI est relativement court. Il est en effet possible de le terminer en une vingtaine d’heures pour les plus pressés.

Cependant, cela est compensé par l’extrême liberté accordée au joueur dans la deuxième partie du jeu. Le jeu se divise en effet en deux parties séparées par une ellipse temporelle. Au début de la deuxième partie, il faut retrouver un à un les membres du groupe, mais très peu d’indications vous sont fournies ; de plus, seuls quatre membres doivent impérativement être retrouvés, les autres étant optionnels et accessibles dans n’importe quel ordre ! Cette deuxième partie ne dispose ainsi pas d’un ordre des évènements prédéfini, vous laissant accomplir chaque quête dans l’ordre de votre choix. Vous pouvez même vous mesurer au boss final rapidement après le début de la deuxième partie, mais ce serait manquer près de la moitié du jeu. Même si le jeu peut être complété en vingt heures, dans les faits on s’approche plutôt de trente, voire quarante heures.

Notons également qu’avant d’espérer se mesurer au dernier boss du jeu, quelques heures de level-up seront nécessaires, sous peine de recevoir une correction de la part des monstres qui gardent le donjon. Cela constitue d’ailleurs un défaut : l’ensemble du jeu est relativement facile et ne nécessite pas de level-up, mais le dernier donjon vous oblige à vous équiper et à vous entraîner de façon optimale afin d’espérer triompher.

Enfin, le nombre de quêtes annexes proposées est impressionnant. Le nombre d’Espers à obtenir avoisine la trentaine, chaque personnage peut être entraîné et personnalisé à votre guise, il existe plusieurs sous-quêtes expliquant le passé de certains de vos personnages… Si vous souhaitez obtenir tous les Espers, le meilleur équipement possible, et tout savoir sur vos héros, il vous faudra de longues heures afin d’espérer en voir le bout…

Encore sous le joug de l’Empire, Terra arpente les rues de Narshe.

Lies a face known to none who live…

A la bande-son, on retrouve Nobuo Uematsu, devenu un monument de la musique dans les jeux vidéo en tant que compositeur attitré de la série Final Fantasy. Une fois encore, le compositeur démontre qu’il est au sommet de son art, avec une flopée de thème plus inoubliables les uns que les autres.

Au-delà de la qualité de l’OST dans son ensemble, qui est très bonne et une fois encore sait renforcer l’immersion avec brio, Final Fantasy VI comporte un nombre de thèmes cultes réellement impressionnant compte tenu des limitations techniques de la Super Nintendo. Le thème de Shadow, le thème de Kefka, la chanson de l’opéra, autant de thèmes qui ont marqué à vie une foule de joueurs.

Parlons-en, de la scène de l’opéra. Au-delà de la musique, Aria de Mezzo Carattere, morceau poignant et envoûtant, Uematsu a tout de même réussi l’incroyable exploit de simuler les voix d’un ténor et d’une soprano pour ajouter au réalisme de la scène ! Une prouesse qu’on aurait pu croire irréalisable sur SNES, et qui montre encore une fois le soin apporté à l’ambiance musicale du jeu.

Les bruitages sont également très réussis, dans la droite lignée des opus précédents sur SNES. Le réalisme de ces bruitages contribue une fois encore à la sacro-sainte immersion.

L’équipe se réunit à bord du Blackjack, le vaisseau volant de Setzer.

He’d slit his mother’s throat for a nickel…

Ce qui frappe tout d’abord lorsqu’on aborde le scénario de FFVI, c’est son ambiance. Délaissant les royaumes magiques peuplés d’elfes que l’on pouvait trouver dans les précédents épisodes, ce sixième opus nous plonge dans un univers steampunk, où la machine à vapeur domine la société et où la magie n’est qu’un souvenir des temps anciens. Cet univers moderne proche du nôtre sera notamment repris dans Final Fantasy VII et Final Fantasy VIII. Face aux immenses constructions de métal et aux cités minières industrialisées que le joueur sera amené à parcourir, le travail qui a été effectué pour donner un cachet réaliste à l’univers se ressent.

Ce qui frappe également dans ce jeu, c’est le soin apporté aux personnages. Bien qu’étant très nombreux (quatorze, je le rappelle), la grande majorité des personnages dispose d’un véritable passé, d’une véritable histoire, avec des évènements marquants qui ont changé leur vie, et une personnalité hors du commun. Qui n’a pas pleuré face aux larmes de Cyan pour sa famille disparue ? Qui ne s’est pas ému des rêves tourmentés de Shadow ? Qui ne s’est pas senti impliqué dans la quête identitaire de Terra ? Qui n’a pas voulu voir la conclusion de la relation entre Locke et Celes ? Chacun des personnages, malgré leur design sommaire, réussit à faire ressentir quelque chose de puissant au joueur. Les sentiments que l’on peut ressentir face au destin, à l’histoire, aux tragédies, et aux vies de chacun de ces quatorze élus n’a que peu d’équivalent dans toute l’histoire du jeu vidéo. Ce ne sont pas de simples amas de pixels, ce sont des êtres auxquels on s’attache, auxquels on tient, que l’on ne veut pas voir souffrir. L’intensité dramatique atteint son paroxysme lors de certaines scènes liées à la mort d’êtres chers aux personnages, leur souffrance devenant alors la nôtre, leur tristesse devenant bien réelle et nous affectant. Grandiose, à n’en pas douter.

Il convient également de noter qu’à l’inverse de la plupart des autres opus, Final Fantasy VI ne comporte pas de réel « héros ». Si FFVII a Cloud et FFVIII Squall, ce sixième épisode ne propose pas un personnage principal. On en veut pour preuve la possibilité, offerte très tôt, de retirer Terra de son équipe, alors qu’elle est le premier personnage jouable du jeu ! Ce choix scénaristique incite le joueur à voir chaque personnage comme un héros et à ne pas en placer un au-dessus des autres ; cela permet notamment de s’attacher encore plus à chaque protagoniste, aucun d’entre eux n’étant « extraordinaire » ou « élu ».

Mais il serait bien évidemment impossible de parler des personnages sans évoquer Kefka Palazzo. Encore aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands méchants du jeu vidéo, si ce n’est le plus grand, Kefka incarne à lui seul tout ce que l’on peut haïr. Cynique, sadique, sociopathe, paranoïaque, mentalement instable, avide de pouvoir, hypocrite, irascible, immature, chacune de ses apparitions marque le début d’une tragédie. Même ses motivations sont parmi les plus abominables qui soient : détruire, pour le simple plaisir de voir le monde souffrir. Malgré son apparence comique, voire ridicule, ce personnage aura laissé son empreinte dans l’histoire de Final Fantasy, notamment car il est celui qui aura été le plus proche d’atteindre ses ambitions folles.

Enfin, que dire de la structure narrative du jeu ? Coupée en deux parties par un évènement survenant assez tardivement, et reprenant après une ellipse temporelle d’un an, l’intrigue est superbement menée. Dans le monde de Final Fantasy VI, la magie est source d’une puissance incroyable. Cette magie est gardée par les Espers, des créatures mythiques vivant dans un monde parallèle au nôtre. Tout commence mille ans après la Guerre des Mages, durant laquelle les humains exploitèrent les Espers à des fins meurtrières. Mais au terme de cette guerre, l’Homme a abandonné la magie et s’est tourné vers la technologie. Cependant, quand commence le jeu, l’Empereur Gestahl envoie ses soldats, ainsi qu’une jeune magicienne, libérer un Esper gelé pour réveiller sa puissance…

Durant la première partie du jeu, l’Empire apparaît comme l’antagoniste désigné, prêt à déclencher un chaos planétaire en réveillant les Espers à des fins de pouvoir égoïstes. Cependant, la deuxième partie plonge le joueur dans un monde dévasté, où Kefka règne en dieu tyrannique sur la planète, incendiant les villes qui refusent de lui rendre un culte et ayant réveillé plusieurs bêtes mythiques aux pouvoirs destructeurs. Le choc ressenti lorsque l’on pénètre pour la première fois dans cette terre ravagée est difficilement descriptible, d’autant plus que cette transformation du monde est irréversible, contrairement à Ocarina of Time par exemple. Tout a été bouleversé : le monde a été déchiré en plusieurs îles, les villes sont des ruines, la végétation et les animaux se meurent, les habitants survivent tant bien que mal dans un monde devenu infernal. Cette transformation de l’univers est parfaitement exécutée, et réussit avec brio à horrifier le joueur, qui peut d’autant plus mesurer le bouleversement que les villageois n’hésitent pas à rappeler constamment à quel point l’univers se meurt.

Ultros la pieuvre joue le rôle du méchant maladroit et comique.

C’est l’heure de rendre les copies !

Graphismes : La Super Nintendo donne vraiment son maximum. Les personnages disposent d’un design unique, le mode 7 est très bien exploité, les effets de lumière en combat sont de toute beauté, et les décors sont très détaillés pour un jeu 16 bits. L’une des plus belles performances de la console.

Jouabilité : Tirant parti de tous les éléments qui ont fait le succès de ses prédécesseurs, Final Fantasy VI se permet même d’introduire des éléments novateurs, tels les Espers, le système de reliques, ou les Skills, avec une efficacité déroutante. Tous ces ajouts rendent les combats plus riches et complexes que jamais, avec un système d’Active Time Battle toujours aussi efficace.

Durée de vie : Malgré la relative rapidité du soft pour qui s’empressera d’aller vaincre Kefka, le jeu propose tout de même une pléthore de quêtes annexes qui apportent pour la plupart un réel complément scénaristique. Il convient également de souligner l’incroyable liberté laissée au joueur dans la deuxième partie, la quête principale s’effaçant rapidement. On regrettera un level-up forcé vers la fin du jeu, mais ce n’est que justice après une absence de level-up tout au long de l’aventure.

Bande-son : Uematsu au sommet de son art. Entre une profusion de thèmes mythiques, une ambiance immersive, une prouesse technique jamais égalée sur Super Nintendo avec l’imitation de chants d’opéra et des bruitages de qualité, Nobuo Uematsu signe ici l’une de ses plus belles créations, et entre définitivement au panthéon du jeu vidéo.

Scénario : Adoptant un univers steampunk différent des précédents opus, le script de Final Fantasy VI se révèle étonnamment dense. Avec des personnages à la personnalité géniale et extrêmement développée pour chacun d’eux, une histoire émouvante qui prend parfois des allures de quête intérieure, un méchant devenu légendaire et une ellipse temporelle aux conséquences magistralement mises en scène, Final Fantasy VI prouve bien avant Metal Gear Solid ou Half-Life que la narration des jeux vidéos n’a rien à envier à celle du cinéma ou de la littérature.

Conclusion : Dernier Final Fantasy de la Super Nintendo, FFVI est peut-être le RPG le plus abouti de la machine. Techniquement impressionnant pour un jeu 16 bits, le soft entraîne le joueur dans un univers à la cohérence et au réalisme surprenant, et réussit à être touchant comme peu de jeux le sont, à nous impliquer dans la lutte de nos héros, à ressentir les émotions qui s’en dégagent. Porté par une musique divine et un gameplay d’une intelligence rare, ce sixième opus est définitivement un des meilleurs RPG jamais conçus, et une expérience vidéoludique unique.