Huitième épisode de la longue série de RPG tactiques que sont les Fire Emblem, The Sacred Stones paraît en 2005 sur Game Boy Advance. Deuxième épisode de la série à être sorti en Europe, le jeu réussit à mêler habilement ce qui a fait le succès de la franchise à des éléments novateurs. Quels sont ces éléments innovants ? Fire Emblem : The Sacred Stones est-il un épisode de qualité ? Réponse dans ce test.

L’introduction me fait penser à Pokémon, mais… ce n’est que mon avis…

Les graphismes sont de bonne facture. L’action est très lisible puisque les sprites de chaque personnage sont différents les uns des autres, ce qui permet une parfaite lisibilité, même lors d’une bataille où plusieurs dizaines d’unités sont engagées. Les combats, les attaques et les différents sorts donnent lieu à des effets de lumière et des animations plutôt réussies. De plus, durant les phases de narration, il est possible d’observer des portraits des personnages impliqués dans le dialogue. Ces portraits, fins et détaillés, font honneur à la Game Boy Advance ; tout juste regrettera-t-on que ces portraits soient fixes et n’expriment aucune émotion.

Valter le sadique se mettra souvent en travers de votre route.

La queue de phénix ? Connais pas !

Fire Emblem : The Sacred Stones est un RPG tactique classique. A ce titre, il propose au joueur des batailles se jouant au tour par tour, durant lesquelles il est possible de faire combattre différentes unités, de les déplacer sur la carte à la manière d’un échiquier ; les unités sont quant à elle divisées en classes, qui vont du chevalier au voleur en passant par le mage ou encore l’archer. Il est évidemment possible d’utiliser des objets ou des sorts, et chaque unité gagne de l’expérience et monte de niveau en attaquant et en battant des ennemis.

Le jeu reprend également beaucoup d’éléments propres à la série : tout d’abord (et c’est peut-être le point le plus important), toute unité dont les points de vie se voient réduits à néant disparaît définitivement. Cela pousse le joueur à gérer son équipe de façon réfléchie ; il faudra par exemple protéger les mages, indispensables à la santé de l’équipe mais peu résistants. De même, il faudra penser à concentrer ses unités offensives sur au moins deux flancs, en cas d’une attaque surprise. Se jeter de façon aveugle dans la bataille et laisser ses unités mourir les unes après les autres causera inévitablement de grandes difficultés durant les dernières batailles.

Ensuite, le jeu reprend le système de « triangle des armes », introduit pour la première fois dans le quatrième épisode de la série (Genealogy of the Holy War). Ce système définit quelle arme ou quelle magie possède l’ascendant sur une autre. Par exemple, la hache est plus forte que la lance, qui est plus forte que l’épée, elle-même plus forte que la hache… Les armes ne peuvent par ailleurs pas être utilisées de façon indéfinie ; au bout d’un nombre d’attaques données, elles se brisent et ne peuvent plus être utilisées. Des armes peuvent être achetées, obtenues dans des coffres pendant les batailles ou même récupérées sur des ennemis vaincus.

The Sacred Stones réintroduit également les dialogues de soutien, déjà présents dans l’épisode précédent. Pour résumer, quand deux personnages pouvant établir un lien amical se trouvent côte à côte sur le champ de bataille, il est possible de mettre en place un dialogue de soutien qui augmentera leur affinité. A mesure que l’affinité augmente, ces personnages obtiennent des bonus lorsqu’ils se trouvent proches sur la carte. Ces dialogues constituent un point important du gameplay et peuvent permettre au joueur de faire progresser ses unités.

Parlons maintenant des innovations apportées par cette huitième itération. Tout d’abord, le jeu ne propose plus seulement des champs de bataille se succédant, mais également une carte du monde accessible entre chaque bataille ! Sur cette carte, il est possible de se rendre dans des magasins, des armureries, ou de combattre des monstres apparaissant aléatoirement afin de gagner en expérience. Il est également possible de gérer son équipe, en leur fournissant des armes neuves, des objets de soin… On soulignera enfin la possibilité de participer à deux donjons optionnels : la Tour de Valni et les Ruines de Lagdou. Ces donjons permettent au joueur de combattre des vagues d’ennemis successives afin de progresser rapidement.

Notons également que désormais, le convoi dans lequel le joueur stocke son excédent d’objets et d’armes n’est plus une caravane qu’il faut protéger sur le champ de bataille. Ce sont les deux personnages principaux, Eirika et Ephraim, qui conservent tous les objets en réserve ; n’importe quel personnage peut accéder au convoi s’il se tient à côté de l’un de ces deux personnages.

Enfin, The Sacred Stones marque également le retour du système de classes. Lorsqu’un personnage atteint le niveau 10 (pour un maximum de 20), il lui est possible de choisir de changer de classe, si le joueur possède un objet précis. Par exemple, lorsqu’un chevalier atteint le niveau 10, il peut devenir un paladin ou un grand chevalier sous réserve que le joueur possède un Blason de héros. Par ailleurs, certaines recrues peuvent changer de classe sans objet. Il est enfin à noter que certaines classes disposent d’aptitudes particulières renforçant leur efficacité au combat (la capacité de ne jamais rater son attaque, par exemple).

Montée de niveau pour ce chevalier.

Deux histoires, pour deux fois plus de plaisir !

Le jeu est divisé en 21 chapitres, chaque chapitre correspondant à une bataille de longueur variable. Pour finir le jeu une première fois, il vous faudra sans doute une quinzaine d’heures. Toutefois, la durée de vie du jeu est rallongée de façon substantielle puisque The Sacred Stones propose deux histoires parallèles ! A la fin du chapitre 8, le joueur a le choix de prendre la tête du groupe d’Eirika ou de celui d’Ephraim ; selon le groupe choisi, l’histoire narrée et les batailles seront très différentes jusqu’au chapitre 15, où les deux héros se réunissent. Il est donc nécessaire de parcourir le jeu deux fois pour vivre toutes les batailles et comprendre pleinement le scénario.

Le jeu comporte également la possibilité de recruter des personnages optionnels, bien souvent surpuissants. Ces recrues peuvent être obtenues en progressant dans les différents étages de la Tour de Valni ou des Ruines de Lagdou. Certains sont des ennemis apparus plus tôt dans l’histoire, d’autres des dirigeants politiques ; cet aspect motivera les joueurs décidés à composer la meilleure équipe possible à passer de longues heures sur ce Fire Emblem.

Quid de la difficulté ? Les Fire Emblem ont toujours été réputés pour leur difficulté élevée, obligeant le joueur à planifier chacune de ses actions. The Sacred Stones rompt quelque peu avec cette tradition, puisque la difficulté du jeu reste moyenne. Rares sont les batailles véritablement ardues, et à moins de laisser ses unités mourir sans prendre de précautions, il y a peu de chances que vous vous retrouviez complètement bloqué sur un chapitre. Le jeu propose par ailleurs un mode Facile qui donne des indications sur le système de jeu et qui rend les batailles légèrement plus simples. Fire Emblem : The Sacred Stones constitue ainsi une excellente introduction à la série. Précisons enfin qu’il est possible de combattre les unités d’un ami dans une arène prévue pour jouer jusqu’à quatre.

Les différents royaumes du continent sont décrits dans la cinématique d’introduction.

Et comme toujours, le thème de l’écran titre, immuable…

La bande-son de ce Fire Emblem est très correcte. Dès l’allumage de la console, le thème principal des Fire Emblem se fait entendre, épique, martial, plongeant le joueur dans l’ambiance de grande bataille chère à la série. Les autres thèmes sont de bonne facture, souvent adaptées aux diverses situations dont est témoin le joueur, même si les musiques audibles pendant les combats peuvent se révéler répétitives.

Heureusement que ce dragon est dans votre camp…

L’enfer est pavé de bonnes intentions

Le prologue du jeu narre la légende des cinq pierres sacrées qui, il y a fort longtemps, permirent au héros légendaire de sceller l’âme du Roi Démon et de ramener la paix sur le continent de Magvel. Le jeu reprend en l’an 803, alors que le royaume de Grado lance une violente attaque contre le royaume de Renais, son allié de toujours. Eirika, princesse héritière du royaume de Renais, fuit le pays et part à la recherche de son frère disparu depuis l’attaque, le prince Ephraim.

Le scénario de cet épisode est très intéressant, car il suit le destin tragique d’Eirika et d’Ephraim, qui voient les ravages causés par le conflit lancé par Grado partout où ils passent. Il est facile de s’identifier à ces fugitifs qui font tout leur possible pour ramener la paix sur le royaume. De plus, les différentes luttes politiques entre les six nations de Magvel sont très bien mises en scène et cela permet au joueur de se sentir impliqué dans un conflit d’une grande ampleur, conférant ainsi un caractère épique aux pérégrinations des deux héritiers royaux. Les différentes recrues ont chacune une histoire particulière ; celle-ci est plus ou moins développée durant le déroulement du jeu, mais elle est surtout dévoilée par le biais des nombreux dialogues de soutien accessibles.

Les différents antagonistes ont eux aussi une personnalité bien développée, et le joueur développe facilement de l’animosité à leur égard. Mention spéciale à Valter, général de Grado, dont le sadisme et la folie sont très bien retranscrits.

L’action est lisible, permettant au joueur de trouver ses marques très facilement.

C’est l’heure de rendre les copies !

Graphismes : Les sprites de chaque unité étant différenciés, l’action est très lisible et le joueur n’est jamais désorienté. Les combats donnent lieu à de petites animations ne manquant pas de charmes, et le character design est de très bonne facture. Fire Emblem : The Sacred Stones se révèle ainsi très agréable à regarder.

Jouabilité : RPG tactique classique, cette huitième itération reprend tous les éléments ayant fait le succès de la série des Fire Emblem (triangle des armes, unités tuées irrécupérables, dialogues de soutien…) tout en y ajoutant de nombreux éléments bienvenus : on citera pêle-mêle la carte du monde, les donjons optionnels, un convoi désormais plus simple d’utilisation, et un système de classes très complet. Le système de jeu se révèle très plaisant et planifier chacun de ses mouvements est particulièrement addictif. 

Durée de vie : Divisée en 21 chapitres, l’aventure est relativement courte comparée à d’autres épisodes ; comptez quinze heures pour voir les crédits défiler. Toutefois, la présence de deux histoires parallèles, de nombreux personnages à recruter, et d’une arène pour jouer à plusieurs permettent de rallonger cette durée de vie de façon significative. La difficulté n’est pas surhumaine, faisant de ce titre une très bonne introduction au genre du RPG tactique pour les novices.

Bande-son : The Sacred Stones propose une bande-son plutôt correcte, avec plusieurs thèmes épiques venant renforcer l’immersion dans cette grande bataille opposant plusieurs nations. On regrettera toutefois que les thèmes de combat puissent se révéler répétitifs à la longue.

Scénario : L’histoire est de qualité, plongeant habilement le joueur dans une lutte de pouvoir aux proportions démesurées mais le poussant également à s’identifier aux deux personnages marquants que sont Eirika et Ephraim. Chaque recrue possède sa propre histoire, que l’on peut découvrir par le biais des dialogues de soutien ; quant aux différents ennemis rencontrés, ils sont tous réussis et réussissent sans mal à provoquer l’animosité du joueur.

Conclusion : Que son statut de jeu sur console portable ne vous trompe pas ; Fire Emblem : The Sacred Stones est un excellent épisode de la franchise. Proposant un gameplay fondé sur des bases solides (sans oublier d’y ajouter des innovations de qualité) et un scénario bien construit, le jeu s’ouvre également vers un public plus large grâce à sa difficulté revue à la baisse. Une excellente introduction à la série pour les novices, un parfait prolongement de la franchise pour les vétérans.