Quatrième titre estampillé « Harry Potter » sur cinq au total à sortir sur la petite console cubique, cet opus est à bien des égards considéré comme le meilleur par les fans comme les gamers. A juste titre ? C’est ce que nous allons essayer de voir.

L’adaptation en jeu vidéo d’un phénomène littéraire tel qu’Harry Potter est quelque chose de délicat. Peu, voire aucun de ses prédécesseurs et successeurs n’a pu véritablement y gagner des lettres de noblesses. Pourtant, la règle est stricte : pour toucher un public encore plus grand et générer des recettes plus importantes, il se doit d’y avoir film, jeu vidéo et produits dérivés à la tonne. Une fois que ces faits sont établis, on n’a plus grand espoir concernant l’adaptation en question direz-vous, et pourtant… Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban se révèlera au contraire à qui voudra bien l’essayer un très honnête représentant du genre action/aventure. Bien sûr, ce jeu est destiné aux fans de la saga : potterophobes, ne devenez pas masochistes. Par contre les jeunes gamers qui apprécient le petit sorcier mal coiffé risquent fort d’avoir une belle surprise.

Plutôt dynamique, le scénario ne vous endort pour ainsi dire jamais. A chaque coin de couloir, il se peut que vous tombiez nez à nez avec un petit lutin, ou d’autres créatures (parfois improbables) et il faudra se montrer réactif pour lancer vos sorts. De toute façon, il y aura toujours quelque chose à faire (sort à récupérer, quelqu’un à sauver, des ingrédients à retrouver…). Vous incarnez essentiellement Harry, mais la grande nouveauté est la possibilité de contrôler les deux compères Ron et Hermione. Quelquefois, cela est imposé par le gameplay : chacun des trois possède ses propres caractéristiques qui favorisent sa progression. Ainsi, Harry saute plus haut et plus loin, Ron peut fouiller les étagères et découvrir des passages secrets, et Hermione peut se faufiler dans les endroits étroits. En dehors de leurs capacités physiques, certains sorts ne sont appris que par l’un des trois compères, le rendant du coup seul capable de continuer. Cette part du gameplay est hyper intéressante, elle est d’ailleurs utilisée à foison tout au long de l’opus pour résoudre de nombreuses énigmes. Parfois, et c’est très agréable, vous pouvez choisir l’un des trois alors que rien ne vous y oblige.

Mis à part ça, la possibilité de ne pas réussir est réduite quasiment à néant car l’on a des « vies illimitées » et vous réapparaissez toujours au début d’un passage. Si l’on ajoute à cela la possibilité de sauvegarder n’importe où, on peut avoir quelques doutes sur la difficulté. Pourtant certains boss sont coriaces et vous mourrez plusieurs fois avant de trouver la technique parfaite. Il faut être honnête, le jeu n’a pas une durée de vie folle, mais en tout cas, on ne s’ennuie pas. Restons sur le gameplay un instant : on retrouve le principe des défis lancés par les professeurs pour obtenir des sorts en fin ou milieu d’épreuve (quand on va quelque part, il faut bien rentrer d’une manière ou d’une autre). On retrouve par certains moments la sensation de jouer un zelda-like notamment pour le principe « je locke – je lance le sort » très simple d’utilisation qui permet des combats assez vivants (on retrouve aussi le saut automatique popularisé par Link quelques années plus tôt). La résolution d’énigmes plutôt simples pour la plupart mais dont certaines demandent quelques instants de réflexion (pas plus) rythment agréablement le jeu. L’ambiance est assez enfantine, et les amateurs de challenges impossibles ou autres hardcore gamers n’y verront évidemment pas de quoi frétiller mais les autres trouveront un agréable divertissement. On retrouve d’ailleurs quelques mini-jeux (course de hiboux, etc…) et d’autres choses assez sympathiques comme le vol sur le dos de Buck.

Les graphismes sont plutôt jolis : le cube ne crache pas tripes et boyaux mais les personnages sont mieux dessinés que dans les précédents opus, et les décors possèdent un charme certain (si vous connaissez bien la saga, vous constaterez que le château et le parc sont tirés tout droit du film). Les cinématiques sont plutôt jolies elles aussi. La bande son ne déçoit pas, elle comporte quelques petites perles (notamment la musique de l’écran titre) tout à fait dans l’esprit du jeu. Pour le reste, il faut avouer que les voix ne sont pas toujours géniales, cela manque parfois un peu de punch et cela peut agacer (rien de bien méchant toutefois).

Attention, le jeu s’adresse essentiellement aux fans : il sera plus aisé de comprendre les dialogues et multiples intervention (parfois intempestives) de vos compères tout au long du jeu si l’on a lu le livre ou au minimum vu le film. On nous rappelle souvent des choses qu’on n’a pas vécues, et cela fait parfois perdre du relief au scénario qui apparaît alors décousu. Mais cela ne gêne pas tellement pour peu que l’on ait une assez bonne connaissance de l’histoire.

Quelques points négatifs sont à signaler : les temps de chargement sont longs et parfois fréquents. Sauvegarder prend quasiment 30 secondes, non parce que les données sont très importantes, mais parce que les transitions entre menus sont très longues… C’est dommage! La durée de vie est assez courte, ceci étant du au faible niveau de difficulté générale du titre, mais il faut le redire : on ne s’ennuie pas. On peut également regretter l’absence du multi : quelques phases de co-op auraient été bienvenues, tant pis.

Pour résumer, il faut retenir que l’aventure est très sympathique : cet opus reprend les meilleurs éléments du gameplay de ses prédécesseurs et les améliore. Il apporte également sa part de nouveauté qui le rend très agréable à jouer. Si vous êtes fan du petit sorcier et de ce type de jeu, vous trouverez votre bonheur et saurez apprécier le travail des développeurs. Si vous aimez simplement le genre, c’est cet opus là qu’il faudra retenir sur les 4 sortis sur gamecube.

Anecdotes et informations diverses

Informations :

  • Pour la première fois dans la série, possibilité de prendre le contrôle des trois héros de la série: pas uniquement imposée par le scénario cette possibilité est parfois libre de choix.
  • Plusieurs mini-jeux disponibles.
  • Vole sur le dos de Buck autour de Poudlard.
  • Connection au GBA.

Dans la même série sur Gamecube:

  • Harry Potter à l’école des sorciers
  • Harry Potter et la chambres des secrets
  • Harry Potter et la coupe de feu
  • Harry Potter, Coupe du monde de quiditch

Anecdotes :

Vendu à 316 000 exemplaires durant le mois de Juin 2004 (16% de parts de marché) et dépassant rapidement le million d’exemplaires, ce jeu a contribué avec d’autres titres phares, à l’excellente santé (fiscale) d’EA Games à cette période, et plus généralement de l’industrie vidéoludique, dépassant les prévisions des spécialistes.