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Sept ans après Super Mario RPG, Nintendo décide de récidiver et de faire de notre plombier favori la mascotte d’un nouveau jeu de rôle. Toutefois, il sera cette fois accompagné de son frère Luigi, dans ce qui constituera le premier opus de la série des Mario & Luigi, qui compte aujourd’hui trois épisodes. Le jeu vaut-il réellement le détour ? Parvient-il à égaler son ancêtre paru sur Super Nintendo ? Réponse dans ce test.

Voir Luigi tortiller ses hanches, ça n’a pas de prix

La réalisation est très fidèle à l’esprit de la série Mario : les décors sont colorés, les personnages sont assez simplistes mais très expressifs, et l’ensemble se révèle plutôt plaisant à regarder. Le jeu ne pousse pas la Game Boy Advance très loin mais a tout de même le mérite d’offrir des environnements plutôt réussis et possédant chacun une certaine identité, ainsi qu’une animation fluide.

On s’attardera également sur les mimiques des personnages : ceux-ci sont en effet, comme cela a déjà été évoqué, très expressifs, et leurs mouvements ou expressions faciales parfaitement surjouées sont véritablement amusantes à regarder. Le jeu présente par ailleurs une forte dimension humoristique, mais nous y reviendrons plus tard.

Apparemment, ce boss est de mauvaise humeur.

Luigi se prendrait-il pour Thor ?

Le gameplay de Mario & Luigi : Superstar Saga s’apparente au premier abord à celui d’un RPG tout à fait classique : combats au tour par tour, expérience, argent, objets divers et variés, villages à visiter, donjons, équipement de plus en plus puissant à glaner, quêtes annexes… Les ingrédients d’un RPG conventionnel sont donc réunis ; toutefois, Superstar Saga y ajoute de nombreuses innovations fort intéressantes.

Tout d’abord, le jeu présente une dimension de réflexion assez poussée : en dehors des combats, les énigmes sont ainsi très nombreuses et tirent parti de la grande palette de mouvements accordée à nos deux plombiers. En effet, en plus de leur saut légendaire, Mario et Luigi pourront effectuer des sauts spéciaux (pour sauter deux fois plus haut que d’ordinaire ou planer), acquérir des marteaux (leur permettant de rapetisser pour se faufiler dans d’étroites cavités, ou bien de s’enfouir dans le sol pour passer sous un mur), ou encore enflammer ou électriser leurs mains (ce qui permettra de courir très vite, ou de se déplacer latéralement). Les énigmes sont ainsi diversifiées et sont pour certaines relativement complexes, ce qui amène le joueur à des moments d’intense réflexion.

Durant les combats, plusieurs attaques sont réalisables ; on peut distinguer les attaques Solo et Duo. Les attaques Solo peuvent être réalisées en sautant sur l’ennemi, en lui assénant un coup de marteau ou en utilisant le pouvoir magique attribué aux mains de chaque personnage. En appuyant sur A au bon moment, ces attaques gagnent en puissance ; toutefois, si vous appuyez trop tôt ou trop tard, l’attaque perd de son efficacité. Les attaques Duo, qui consomment des Points Frères, fonctionnent selon un système similaire : il vous faut appuyer sur A ou B à des moments précis pour réussir un enchaînement, faute de quoi votre attaque se révèlera peu efficace. Ces attaques Duo sont également soumises à un système de niveau : avant de sélectionner une attaque Duo, vous pouvez choisir son niveau, qui va de 1 à 3. Une attaque de niveau 3 sera beaucoup plus rapide et les moments où appuyer sur A et B ne seront pas indiqués ; il sera ainsi plus compliqué de réussir parfaitement l’attaque, mais celle-ci sera en contrepartie bien plus dévastatrice.

En plus des attaques lancées par nos deux frères, il est possible de contrer les assauts ennemis en appuyant sur A ou B pour sauter ou lancer un coup de marteau. Si un ennemi tente de se ruer sur vous, vous pourrez ainsi sauter pour esquiver son assaut et peut-être même lui causer des dégâts supplémentaires ! Le timing est ici primordial : si vous appuyez trop tôt ou trop tard, votre contre échouera et vous serez à la merci de votre opposant. Comme vous l’aurez compris, le système de combat est donc bien plus dynamique que dans un RPG traditionnel et fait en grande partie appel aux réflexes du joueur.

Pour équiper Mario ou Luigi, vous pouvez leur attribuer un pantalon et un badge. Si les pantalons sont des pièces d’équipement relativement traditionnelles, les badges sont très utiles car ils développent les caractéristiques de vos personnages de façon très marquée ; ainsi, certains badges permettront de faire de vos héros des attaquants purs, tandis que d’autres les transformeront en de véritables monstres de défense. Veuillez également noter que lorsqu’un personnage monte de niveau, une roulette permet d’augmenter la valeur d’une statistique entre un et cinq points. Les compétences de Mario et de Luigi sont ainsi personnalisables au gré des envies du joueur, ce que l’on ne retrouve pas dans beaucoup de jeux de rôle.

A certains moments de l’aventure, nos deux plombiers favoris seront contraints de triompher d’un mini-jeu pour poursuivre l’aventure. Si l’initiative est louable, ces mini-jeux sont le plus souvent répétitifs, peu intéressants, inutilement longs et vraiment difficiles, freinant en partie le plaisir de jeu et causant parfois une frustration regrettable.

Nos deux frères semblent en mauvaise posture.

Effet grosbill, sors de ce jeu !

La durée de vie est relativement courte pour un RPG : en effet, Mario & Luigi : Superstar Saga ne devrait guère vous retenir plus d’une quinzaine d’heures devant votre console. Les quêtes annexes sont toutefois relativement nombreuses et permettent d’obtenir des équipements rares bien plus puissants que la normale.

La difficulté reste relativement basse : hormis les mini-jeux déjà évoqués et certains boss, notamment ceux situés vers la fin du titre, l’ensemble ne devrait pas vous poser trop de problèmes. Le titre se veut donc plutôt accessible, et permet aux néophytes du RPG de découvrir ce genre vidéoludique avec aisance. On regrettera cependant qu’il soit possible d’anéantir la difficulté du jeu assez facilement : en effet, si vous prenez le temps de combattre tous les ennemis que vous rencontrez, le gain d’expérience sera tel que vous verrez vos deux personnages grimper de niveau à toute vitesse. Le jeu deviendra alors une promenade de santé et les boss se verront pour la plupart terrassés en seulement quelques tours.

Les attaques Duo sont l’occasion de causer des dégâts importants.

Nyéhéhéhéhéhé !

La bande-son est relativement bonne. Oscillant entre pistes inédites et remix des plus grands thèmes de la longue saga Mario, elle se révèle relativement agréable à écouter et correspond la plupart du temps à l’action. On relèvera également avec intérêt quelques thèmes marquants ; celui de la Vallée Hihi par exemple, avec ses sifflements d’harmonica, réussit à créer une ambiance désertique très immersive. Les bruitages sot quant à eux corrects, même si pas assez variés.

Pour entrer dans le royaume de Végésia, il faut être un expert du saut à la corde.

Un haricot déguisé en sorcière qui veut conquérir le monde ? Qui a caché la drogue ?

Le jeu s’ouvre alors que l’ambassadeur de Végésia, contrée voisine du Royaume Champignon, se rend au château de la princesse Peach pour une rencontre diplomatique. Alors que les choses semblent se dérouler parfaitement, coup de théâtre : le prétendu ambassadeur se révèle être Graguémona, une sorcière voulant régner sur Végésia et sur le Royaume Champignon. Aidé de son assistant Gracowitz, elle vole la voix de la princesse Peach et jette un maléfice sur la princesse, transformant chacune de ses paroles en bombes ! Ni une ni deux, un Toad courageux se rend au domicile des frères Mario pour solliciter leur aide ; malheureusement, il entre dans la salle de bains alors que Mario prend sa douche…

Le ton est ainsi donné dès les premières minutes de jeu ; si l’intrigue globale reste assez convenue (vaincre un méchant, sauver une princesse et son royaume), le jeu est, comme l’était Super Mario RPG, très orienté vers l’humour et multiplie les situations invraisemblables pour faire rire le joueur. Les mimiques des différents personnages, très exagérées, soulignent avec talent leurs sautes d’humeur, qui en deviennent presque grotesques. Tout est prétexte à l’amusement et Superstar Saga ne se prive même pas pour démystifier les codes de la série : ainsi, alors que Mario est un héros reconnu dans Végésia, Luigi est un simple faire-valoir, souvent surnommé « l’homme en vert » et relégué au second plan durant les conversations ! De même, nos deux héros sont reconnus à leurs sauts légendaires et à leur moustache ; une autre manière pour les développeurs de s’amuser avec les traditions de l’univers du plombier. Certains ennemis font même référence à d’anciens jeux de la saga, comme ces Frères Marto relégués au rang de douaniers et qui se remémorent avec émotion leurs premiers affrontements contre les deux frères dans Super Mario Bros. premier du nom !

Si le scénario est, comme cela a déjà été souligné, assez classique, il reste quand même plutôt étoffé et fait intervenir des rebondissements de situation ainsi que des situations dramatiques bien mises en scène. Si l’ensemble n’atteint évidemment pas la profondeur d’un RPG plus « traditionnel », l’histoire se laisse suivre avec grand plaisir et apporte au jeu un peu plus de profondeur ; Mario & Luigi : Superstar Saga ne se résume ainsi pas à une grande plaisanterie accommodée d’un gameplay réussi.

Ces affiches de cinéma sont un clin d’oeil à d’autres séries de Nintendo.

C’est l’heure de rendre les copies !

Graphismes : Très colorés, les graphismes exploitent correctement le potentiel de la Game Boy Advance sans pour autant la pousser à son maximum. Les différents environnements traversés ont tous un certain cachet, les ennemis ont un design réussi inspiré des créatures emblématiques de la saga Mario et les différentes mimiques des personnages, complètement ridicules, sont propices à faire rire le joueur. Une performance très honnête, dans l’esprit de l’ambiance bon enfant du soft. 

Jouabilité : S’apparentant à un RPG au tour par tour tout ce qu’il y a de plus classique, Mario & Luigi : Superstar Saga propose en réalité un gameplay très inventif faisant appel aux réflexes du joueur pendant le combat et à la réflexion en dehors, avec de nombreuses énigmes à résoudre. Le dynamisme des combats est ainsi une véritable bouffée d’air frais qui ravira tous les joueurs lassés des immuables mécaniques du RPG traditionnel. Tout juste regrettera-t-on des mini-jeux inutilement frustrants et difficiles. 

Durée de vie : Comptez quinze petites heures pour venir à bout du boss final. C’est peu, surtout quand on considère que Superstar Saga est un jeu de rôle. Les quêtes annexes sont présentes et permettent d’obtenir un équipement puissant, mais elles ne prolongent que peu l’expérience. On regrettera également une difficulté assez basse qui ne malmène quasiment jamais le joueur.

Bande-son : Correcte dans l’ensemble, la bande-son propose un mélange de morceaux inédits et de remix des thèmes emblématiques de la longue saga Mario. Si certains thèmes sont inspirés (notamment celui de la Vallée Hihi), l’ensemble est relativement générique et n’a rien de transcendant. Les bruitages sont quant à eux corrects mais pas inoubliables.

Scénario : L’intrigue générale est plutôt conventionnelle, même si les retournements de situation ne sont pas rares et bien mis en scène. Toutefois, ce qui marque dans Superstar Saga, c’est avant tout l’humour : le jeu est ainsi truffé de gags en tous genres, qui se révèlent pour la plupart efficaces. Se plaisant à parodier les codes de la série Mario, exagérant les situations comiques par des mimiques improbables et proposant certains dialogues savoureux, le script de ce premier Mario & Luigi sait détendre le joueur et le faire rire de bon cœur.

Conclusion : Pour un premier opus, Mario & Luigi : Superstar Saga lance la série des Mario & Luigi avec talent. Proposant un gameplay très original et bien rodé couplé à une réalisation plutôt chatoyante, le jeu se paye également le luxe d’un scénario délirant où beaucoup de situations sont prétexte au rire et à l’absurde. On reprochera au jeu une bande-son pas exceptionnelle et une durée de vie un peu juste, ce qui ne devrait pas vous dissuader de vous y plonger et de découvrir cette petite pépite de la Game Boy Advance.

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