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En 1990, Konami règne sur le monde du shoot’em up grâce à Gradius, sa série phare, qui compte déjà trois épisodes et a su conquérir des milliers de fans grâce à son gameplay dynamique et son challenge relevé. La firme nippone décide alors de produire Parodius : Non-Sense Fantasy, un shoot’em up complètement délirant qui se veut être une auto-parodie loufoque de la série Gradius. Non-Sense Fantasy constitue le deuxième épisode de la saga Parodius, le premier étant paru en 1988 sur MSX au Japon. Comment une parodie tout ce qu’il y a de plus ridicule peut-elle se révéler être un des shoots les plus prenants de la Super Nintendo ? Réponse dans ce test.

Anecdote inutile : l’aigle qui fait office de deuxième boss est la raison pour laquelle le jeu ne fut jamais localisé aux Etats-Unis

Les graphismes sont très colorés, et retranscrivent à merveille l’ambiance totalement délirante qui émane de ce jeu. Les différents décors traversés, s’ils sont assez grossiers, ont le mérite d’être particulièrement chatoyants et font ressembler l’ensemble à un dessin animé pour enfants, ce qui ne manquera pas de séduire les joueurs avec un fort sens de l’humour.

Le design des ennemis est également délirant : si les Moai (ces fameuses statues de l’île de Pâques), emblématiques de Gradius, ont été conservés, la plupart des autres ennemis ont été retouchés et arborent des styles outrageusement drôles : vous affronterez ainsi des guêpes, des poules, des poussins, des pingouins, des citrouilles fantômes, des parapluies, ou encore des lapins en fil de fer ! Chaque nouveau niveau est l’occasion de s’extasier devant les ennemis toujours plus invraisemblables qui apparaissent à l’écran. De plus, certains éléments des jeux Gradius ont été réutilisés sous une forme détournée : ainsi, les volcans qui projetaient dans Gradius des rochers lancent maintenant des aubergines !

Il serait également impossible de passer sous silence le design des boss : atteignant le summum du ridicule, il est impossible que ceux-ci ne vous fassent pas pleurer de rire. On citera pêle-mêle un pingouin pirate, une danseuse du ventre, un aigle affublé du chapeau de l’Oncle Sam, un vaisseau spatial nommé Captain Kebab ou bien une géante drapée sous sa couverture ! Comme vous l’aurez compris, les différents boss rencontrés sauront tous vous marquer par leur design résolument loufoque.

L’animation est quant à elle particulièrement fluide : malgré la pléthore de sprites qui sature l’écran une fois suffisamment de bonus récupérés (nous reviendrons sur ce point), aucun ralentissement n’est à déplorer et cette fluidité est tout à fait appréciable.

Ne vous écrasez pas sur les jambes de cette danseuse du ventre format XXL.

« Where is my wallet ? »

Dans Parodius : Non-Sense Fantasy, on retrouve tout d’abord le système des power-up hérités de Gradius : lorsque vous détruisez certains ennemis, des capsules rouges apparaissent. En récupérant ces capsules, certaines cases comprises dans une barre au bas de l’écran s’illuminent, révélant le bonus que permet d’obtenir cette capsule. Le jeu propose un mode Manuel et un mode Automatique : si le second vous permet de laisser la console gérer l’obtention des bonus, le second vous permet de choisir à tout moment quel power-up vous souhaitez acquérir via une simple pression du bouton Y. Les upgrades sont de différentes natures : augmentation de la vitesse, apparition d’un clone qui permet de tirer deux fois plus de projectiles, obtention d’une arme supplémentaire ou d’un champ de force protecteur… Il est possible de cumuler certains bonus, ce qui permet d’obtenir une vitesse très élevée ou d’avoir à disposition trois clones qui assaillent les ennemis sans répit ! De plus, il arrive que récupérer une capsule bleue déclenche le « Blizzard », une roulette durant laquelle les bonus disponibles défilent sur la barre au bas de l’écran ; c’est alors au joueur d’appuyer sur Y au bon moment pour obtenir le bonus de son choix. Enfin, certaines capsules bleues peuvent également apparaître en détruisant des ennemis : entrer en contact avec elle détruit automatiquement tous les ennemis présents à l’écran, ce qui peut se révéler particulièrement utile.

Un autre élément indissociable de la saga Parodius concerne les cloches, qui apparaissent aléatoirement en détruisant des ennemis. Ces cloches changent de couleur lorsqu’on leur tire dessus : chaque couleur permet d’obtenir un bonus spécifique et souvent très puissant. Si les cloches jaunes ne rapportent que des points, les vertes font augmenter la taille du vaisseau contrôlé, le rendant invulnérable ; les bleues permettent d’obtenir une « Super Bomb » qui, une fois utilisée, détruit tous les ennemis présents à l’écran ; les rouges créent une barrière autour de votre vaisseau, détruisant tout ennemi qui entre en contact avec elle ; enfin, les cloches grises munissent votre vaisseau d’un mégaphone hurlant des phrases éminemment ridicules qui anéantissent les ennemis. Ce dernier pouvoir est d’un humour ravageur et il est probable que vous ne puissiez retenir votre fou rire en constatant les élucubrations proférées par ce mégaphone.

Le jeu propose quatre vaisseaux à contrôler : Vic Viper (qui serait d’après la notice le vaisseau de Gradius devenu obèse après avoir mangé trop de bonbons !), Octopus (une pieuvre emblématique de la saga Parodius), Twinbee (une abeille mécanique issue de la série de shoot’em up éponyme) et enfin Pentarou (pingouin exhumé d’Antarctic Adventure, obscur jeu de plates-formes édité par Konami sur borne d’arcade en 1984). Chaque vaisseau possède un armement spécifique et si le gameplay de base est fondamentalement identique entre chaque personnage, les différences en termes d’armes disponibles sont souvent un facteur déterminant dans le choix de son vaisseau.

Le jeu est en tout cas très plaisant à contrôler : chaque vaisseau répond de façon très précise aux sollicitations de la manette et le gameplay est parfaitement huilé, laissant uniquement le talent du joueur s’exprimer. Si par malheur l’on s’encastre dans un ennemi ou dans un mur, il est fort probable que ce soit de notre faute, et que l’on ait récupéré trop de bonus de vitesse ! Seul un boss semble poser problème au processeur de la SNES et vous serez contraint de l’affronter alors qu’une myriade de saccades interrompt l’action. Toutefois, ce boss étant une parodie d’un boss de Gradius III célèbre pour ses ralentissements intempestifs sur Super NES, il est possible que ces saccades aient été incorporées volontairement comme une ultime preuve d’autodérision ! Le gameplay de ce deuxième épisode de Parodius est donc très plaisant à jouer et jamais frustrant.

Une seconde d’inattention, et c’est fini.

Parodius pour les faibles : neuf vies, niveau de difficulté 1

Si Parodius est un jeu complètement loufoque, n’allez pas pour autant croire qu’il s’agit d’un jeu facile ! Si le premier niveau ne vous posera guère de problème, il en va tout autrement des stages suivants. Avec une horde d’ennemis se jetant sur vous et des projectiles de toutes sortes qui zèbrent l’écran par centaines, il est parfois difficile de s’y retrouver et nos réflexes sont mis à rude épreuve. Cette difficulté est encore accrue par le fait qu’un simple contact avec un projectile, un ennemi ou même un élément de décor se révèle fatal. Il est donc facile, entraîné par une sorte de frénésie destructrice envers des rangs serrés d’ennemis, d’effectuer un déplacement malheureux et de s’écraser honteusement sur un ennemi qui passait par là… Heureusement, le jeu propose sept niveaux de difficulté qui permet à chacun de trouver une expérience de jeu adaptée à son skill, même si les passages corsés se font sentir dès le premier niveau de difficulté… Il est également possible de paramétrer à l’envi son nombre de vies ; si les moins habiles auront tôt fait de s’en procurer neuf, les plus téméraires partiront à l’assaut du titre avec une seule vie en réserve… Ces différents aspects font de Parodius un titre grand public, s’adressant aussi bien aux novices du genre qu’aux vétérans du shoot’em up.

On notera également la présence d’un mode Deux joueurs, qui se révèle malheureusement peu intéressant car ne se pratiquant qu’en alternance. Impossible donc de sillonner l’espace et les onze stages du jeu avec un coéquipier… Enfin, un mode inédit à cette version Super Nintendo fait son apparition ; baptisé Lollipop, il ne fournit qu’une seule vie au joueur et s’apparente donc à une chasse au high-score. Parodius reste donc un titre très agréable à jouer, que l’on prend plaisir à ressortir de ses tiroirs pour profiter quelques instants (ou quelques heures, qui sait ?) de son ambiance totalement déjantée.

Le champ de force vous sauvera souvent la mise.

Le French Cancan !

La musique est excellente, et contribue une fois de plus au burlesque de l’ensemble du jeu. Parodiant avec brio des morceaux de musique classique (avec une sublime reprise de la mélodie du French Cancan notamment), Parodius offre une ambiance musicale totalement psychédélique qui s’intègre parfaitement aux différents environnements traversés, tous plus drôles les uns que les autres. Très entraînantes, ces mélodies marquent durablement le joueur et font partie intégrante de l’ambiance à nul autre pareil qui se dégage de Parodius : Non-Sense Fantasy.

Les bruitages ne sont pas en reste : outre les bruitages de tirs et d’explosions, plutôt classiques, on retiendra avec humour la mélodie qui retentit à chaque game over, et qui insuffle au joueur un sentiment de honte avec ses trompettes bruyantes et sonnant faux. Les bruitages restent donc dans l’esprit décalé du titre, pour notre plus grand plaisir.

Le moindre contact avec ces billes colorées vous sera fatal. N’hésitez donc pas à tirer tous azimuts.

C’est l’heure de rendre les copies !

Graphismes : S’il ne s’agit certes pas de la plus belle performance de la SNES, Parodius offre des graphismes chatoyants et plutôt simplistes qui donnent une touche cartoon à l’ensemble. Les ennemis arborent un style complètement farfelu qui ne peut qu’amuser le joueur. Mention toute particulière aux boss, véritable festival d’extravagance et de loufoquerie tant dans leur design que dans leurs mimiques.

Jouabilité : Offrant un gameplay original qui s’inspire des séries Gradius et Twinbee, Non-Sense Fantasy est un réel régal à jouer. Chacun des quatre vaisseaux disponibles se contrôle avec aisance et le système de power-ups permet au joueur d’avoir une certaine emprise sur son style de jeu. Le titre propose ainsi un gameplay fluide doublé de mécaniques inventives. 

Durée de vie : Le jeu propose un challenge plutôt corsé, surtout si vous vous décidez à tenter les derniers niveaux de difficulté. De plus, même une fois les onze niveaux terminés, Parodius est un jeu auquel on se plaît à revenir pour en savourer l’humour terriblement efficace. Notons également le mode Lollipop, qui ravira les aficionados du high-score. La déception vient du mode Deux joueurs, uniquement jouable en alternance.

Bande-son : Le jeu comporte des thèmes très inspirés, reprenant des morceaux de musique classique et les parodiant avec talent pour un résultat à la fois entraînant et amusant. On s’arrêtera également sur les bruitages, très stéréotypés, qui achèvent d’immerger le joueur dans l’ambiance folle de Parodius. Dans l’ensemble, l’aspect sonore de Parodius est donc particulièrement travaillé.

Scénario : Si le scénario est éminemment basique, se résumant à une armée de manchots tueurs qui veut conquérir le monde, il a le mérite de poser les jalons de l’ambiance complètement délirante du titre. Multipliant les situations cocasses, les ennemis au graphisme douteux, et les musiques hilarantes, Parodius est un concentré d’humour et de bonne humeur au charme gentiment stupide absolument inimitable. 

Conclusion : Le moins que l’on puisse dire, c’est que Konami sait manier le second degré à la perfection ! Avec Parodius : Non-Sense Fantasy, la firme nippone offre à la Super Nintendo un shoot’em up au gameplay efficace, mais dont les principaux atouts sont avant tout une ambiance musicale et visuelle délirante doublées d’un humour ravageur. Petite pépite du shoot’em up, ce second épisode de Parodius mérite votre attention, que vous soyez fan du genre ou non. 

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