Paru en 1991, Super Mario World a marqué l’entrée du plombier italien dans l’ère des consoles 16 bits et est devenu un hit planétaire. En 1995 paraît Super Mario World 2 : Yoshi’s Island, bien décidé à rencontrer le même succès que son grand frère ; toutefois, cette suite n’a que peu de choses à voir avec l’original puisque le gameplay a été radicalement modifié et que l’on y contrôle Yoshi, le dinosaure qui servait de monture à Mario dans l’épisode précédent ! Yoshi’s Island tient-il la comparaison avec son illustre aîné ? Son gameplay profondément transformé lui permet-il quand même d’être un bon jeu ? Réponse dans ce test.

Le dessin de bébé Mario ?

Lorsque l’on joue à Yoshi’s Island, force est de constater que le jeu arbore une patte graphique bien particulière. En effet, le jeu adopte un style « crayonné » du plus bel effet, rendant les environnements très fantaisistes et faisant par moment ressembler le titre à un dessin d’enfant ! En réalité, il s’agit là d’une réponse de Miyamoto à la direction de Nintendo, qui avait demandé au papa de Mario de réaliser le jeu avec des graphismes 3D pour capitaliser sur le succès qu’avait rencontré Donkey Kong Country un an auparavant.

Si ce style peut surprendre lors des premières minutes de jeu, il faut admettre qu’il est parfaitement réussi. Riches en couleurs, les différents niveaux traversés se révèlent très agréables pour la rétine ; l’animation n’est pas en reste et donne vraiment l’impression au joueur que Super Mario World 2 est un dessin animé qui prend vie sous ses yeux. Les niveaux sont extrêmement variés et vous feront voyager des marécages à la montagne, des sombres cavernes aux prairies verdoyantes. Toute l’esthétique du jeu est prétexte à l’émerveillement ; on ne peut que saluer ce coup de génie de Miyamoto et de son équipe.

Ces décors ne vous font-ils pas penser à un livre de contes ?

Yoshi, un Barbapapa ?

Comme cela a été mentionné dans l’introduction, le titre met le joueur aux commandes de Yoshi, transportant bébé Mario sur son dos. Et autant dire que ce choix révolutionne complètement le gameplay ! Oubliez tout ce que vous savez sur les jeux du plombier italien, Yoshi’s Island propose une jouabilité tout à fait différente mais non moins géniale.

Yoshi transporte bébé Mario sur son dos ; lorsque vous êtes touché, vous ne mourrez pas, mais bébé Mario est happé dans une bulle qui flotte dans les airs. Un compte à rebours se déclenche alors ; vous devez récupérer bébé avant que ce décompte n’arrive à zéro, sinon c’est le game over. Pour augmenter la durée du compte à rebours, il faut récupérer des étoiles cachées dans des nuages ou passer à travers des points de sauvegarde (qui donnent dix étoiles). A noter que le nombre maximal d’étoiles que l’on peut obtenir (donc de secondes du compte à rebours) est de trente.

L’autre grande nouveauté, c’est le fait que Yoshi peut lancer des œufs. D’une simple pression sur le bouton Y, Yoshi tire la langue et peut avaler ses ennemis pour les transformer en œufs qu’il transporte derrière lui (il est possible d’en transporter jusqu’à six en même temps). Ensuite, en appuyant sur A, un viseur bougeant de bas en haut apparaît. Ce viseur peut être stoppé avec L ou R pour une précision accrue ; enfin, en appuyant une seconde fois sur A, Yoshi lance un œuf. Le lancer d’œufs est un élément crucial du gameplay : que ce soit pour détruire un ennemi, activer un mécanisme, toucher un nuage renfermant étoiles ou pièces ou même obtenir des pièces inaccessibles en faisant savamment rebondir votre œuf, ceux-ci vous serviront dans toutes les situations.

Yoshi dispose également d’une attaque rodéo réalisable en appuyant sur Bas lorsque vous êtes en l’air, et qui permet d’écraser les ennemis se trouvant sous Yoshi à ce moment-là. Une autre particularité est qu’après avoir sauté, vous pouvez maintenir enfoncé le bouton B pour planer quelques instants et ainsi ajuster votre saut avec précision. Ce mouvement peut paraître anodin mais il se révèle bien souvent salvateur pour rattraper un saut mal engagé.

Parfois, vous rencontrerez également des bulles de transformation. En les touchant, Yoshi se transforme en un véhicule aux capacités particulières. L’hélicoptère permet de voler ou le sous-marin de se déplacer sous l’eau et de projeter des torpilles, par exemple. Il faut alors rallier le bloc de transformation avant la fin du temps imparti sous peine de devoir recommencer cette portion du niveau. Bébé Mario peut également devenir invincible en touchant une super étoile ; à ce moment-là, vous contrôlez un bébé Mario surpuissant qui peut courir sur les murs, planer avec une cape et détruire n’importe quel ennemi simplement en le touchant. Notons par ailleurs qu’en plus d’ennemis, Yoshi peut avaler des pastèques lui conférant diverses aptitudes : une pastèque normale lui permettra de cracher des pépins tandis qu’une pastèque de glace pourra geler les ennemis, par exemple.

Un autre aspect du jeu concerne le score attribué à la fin de chaque niveau. Dans chaque niveau se cachent cinq fleurs, vingt pièces rouges ainsi qu’un certain nombre d’étoiles. En fonction du nombre de fleurs, de pièces rouges et d’étoiles amassées, votre score final sera plus ou moins élevé. Les fleurs ont également un autre rôle : à la fin du niveau, vous devez passer à travers un anneau avec un curseur qui tourne. Lorsque le curseur s’arrête sur une fleur que vous avez récupérée, vous obtenez l’accès à un mini-jeu dans lequel vous pouvez gagner des vies. Plus vous avez de fleurs, plus vous avez de chances d’accéder à ce mini-jeu…

Chaque niveau est par ailleurs l’occasion de découvrir un nouvel élément ou objet qui permet de renouveler l’expérience de jeu. Chacun des 54 stages du jeu brille par son inventivité et les niveaux ne donnent jamais l’impression de se répéter, empêchant ainsi la lassitude pour un plaisir de jeu décuplé. Enfin, précisons qu’au sein même des niveaux, vous trouverez parfois des portes fermées à clé. Trouvez la clé pour ouvrir ces portes qui, lorsqu’elles ne permettent pas tout simplement de progresser dans le niveau, vous ouvrent l’accès à un mini-jeu permettant de gagner des vies.

Prenez garde de ne pas tomber si vous voulez cette fleur.

Les niveaux Extra vont vous faire pleurer… comme un bébé

C’est probablement du côté de la durée de vie que Yoshi’s Island pèche le plus. Le titre ne compte en effet que 6 mondes de 8 stages chacun ; seuls les derniers stages sont vraiment coriaces et il en va de même pour les boss, qui n’offrent que peu de résistance. Si vous vous contentez de terminer le titre en ligne droite, vous ne resterez probablement pas très longtemps sur le jeu.

Toutefois, si votre objectif est de finir le soft dans son intégralité, cela vous demandera bien plus de temps. Vous souvenez-vous du système de score dont je vous avais parlé, avec les pièces rouges, les fleurs et les étoiles à collecter ? Si vous terminez un niveau avec cinq fleurs, vingt pièces rouges et trente étoiles, vous obtiendrez le score maximal de 100 sur ce stage. Terminez tous les stages d’un monde avec un score de 100 pour débloquer un niveau Extra, à la difficulté extrêmement relevée. Ce n’est qu’après avoir terminé ce stage Extra avec le score maximal que vous aurez fini un monde à 100 %. Ainsi, pour finir entièrement le jeu, il vous faudra terminer les 48 stages normaux avec le score maximal et les 6 stages Extra avec ce même score maximal. Le défi est de taille et motivera les plus acharnés.

Quoi qu’il en soit, Super Mario World 2 reste un jeu auquel on prend plaisir à rejouer de temps en temps pour s’imprégner de son ambiance enfantine délectable et pour expérimenter à nouveau toute l’intelligence et la variété du level design.

D’un oeuf bien placé, vous pouvez récupérer le contenu de ce nuage marqué d’un point d’interrogation.

Si j’entends encore bébé Mario pleurer, je jure que je fais un massacre !

La bande-son de ce Yoshi’s Island est franchement agréable à écouter. Les mélodies sont dans l’ensemble feutrées et lancinantes, même si des thèmes plus enjoués viennent ponctuellement charmer nos oreilles. Si chaque niveau ne possède pas sa musique propre (à l’image d’un Donkey Kong Country), l’ensemble est de très bonne facture et ne manque pas d’accompagner de fort belle manière le joueur dans son périple. On regrettera peut-être l’absence de thèmes forts, qui marquent le joueur de façon durable.

Les bruitages sont quant à eux réussis et s’harmonisent bien à l’ambiance enfantine qui émane du jeu, même si les cris stridents de bébé Mario peuvent agacer à la longue.

Sous sa forme d’hélicoptère, Yoshi n’est pas facile à manier.

C’est l’heure de rendre les copies !

Graphismes : Les graphismes enfantins dans le plus pur style pastel, aux antipodes d’un Donkey Kong Country, sont d’un charme indéniable. Chaque environnement a fait l’objet d’une attention particulière et chaque nouveau décor est l’occasion de s’émerveiller. L’animation est quant à elle splendide et contribue à faire de ce Yoshi’s Island un véritable dessin animé jouable. Une des plus belles réussites de la console.

Jouabilité : Yoshi’s Island est la preuve qu’un gameplay totalement innovant peut être très soigné. Exploitant à merveille le principe du lancer d’œufs et de l’enfant à protéger, le titre est un véritable bonheur à jouer, Yoshi répondant avec une fluidité et une aisance absolument déconcertantes. On pourrait également évoquer l’excellent level design, qui se renouvelle en permanence pour ne jamais lasser le joueur. 

Durée de vie : Malheureusement un peu trop facile, tant sur le plan des stages que des boss, Super Mario World 2 risque bien de décevoir ceux qui s’attendaient à une longue aventure épique comme avait su en proposer Super Mario World premier du nom. Toutefois, la présence des très difficiles stages Extra, à débloquer, rallonge cette durée de vie pour les joueurs désireux de percer tous les secrets de ce titre. Il s’agit de plus d’un soft auquel on revient facilement tant son ambiance est agréable. 

Bande-son : Agréable. Les thèmes feutrés sont majoritaires et s’incorporent très bien aux différents niveaux ; on déplorera en revanche l’absence de thèmes réellement inoubliables. L’ensemble reste légèrement en-dessous de ce qu’avait pu proposer Donkey Kong Country par exemple.

Scénario : Si le jeu ne nous propose pas d’aller sauver une princesse, le script reste bien peu étoffé puisqu’il s’agit de secourir bébé Luigi qui a été kidnappé par le vilain Kamek. On notera toutefois certains dialogues assez amusants, notamment juste avant les combats de boss.

Conclusion : Yoshi’s Island est un bien beau cadeau que nous offrit Nintendo en cet automne 1995 ! Doté d’une réalisation sublime et d’un gameplay parfaitement ciselé, le titre déçoit en revanche par sa faible difficulté, et sa bande-son semble un rien trop discrète. Cependant, il s’agit bel et bien d’un incontournable de la Super Nintendo, capable de faire chavirer petits et grands grâce à son univers irrésistible. Si vous cherchez un grand jeu de plates-formes sur la console, n’hésitez pas et foncez !