1983, quelle année magique ! Ma naissance (d’une importance telle que certains historiens considèrent que nous sommes actuellement en 28 ap B.) mais 1983 est aussi l’année de naissance de mon jumeau vidéoludique : Track and field. Cette proximité a engendré une relation fusionnelle qui n’était pas sans heurts. Nous passions des heures ensemble et je finissais salement blessé.

Quel n’était pas mon bonheur lorsque je déballais tout juste le jeu de sa boîte et qu’après un léger échauffement avec de magnifiques athlètes de la RDA à mulet et moustaches, je voyais tomber les uns après les autres les records mondiaux. (et si Mario n’était qu’un agent soviétique se faisant passer pour un plombier italien afin de mieux poser ses micros?)

Quelle n’était pas ma douleur quand, à force de frotter (oui car le secret est de frotter, l’épilepsie même ne permettant pas un pianotage assez rapide) ma peau partait en lambeau sur le coin de mon pauvre pouce. C’est ça le sport de haut niveau, il faut savoir souffrir pour être au top. Heureusement, certaines épreuves comme le lancer de marteau offraient un certain répit.

Dieu merci, à 13 ans, je me suis mis à cloper et j’ai pu alors récupérer l’arme ultime : un briquet (je vous conseille les grands bics, suffisamment arrondis pour que les angles ne gênent pas l’hystérie avec laquelle vous frottez). Vous êtes libres de choisir la couleur même si j’ai toujours pensé que le rouge était le plus rapide). Enfin en tant qu’arme, mon temps n’a été que peu amélioré mais en tant que bouclier, cela m’a permis de continuer à jouer au piano sans maculer les touches de sang.

Qui aurait pu penser que me mettre à fumer allait me permettre de battre les records mondiaux d’athlétisme ?

P.S. Ayant fait cette découverte pour vous, les jeunes, vous n’êtes pas obligés de vous mettre à cloper, vous pouvez vous contenter du feu voire d’un bic.