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Sorti en 2010 sur Nintendo Wii au Japon, Xenoblade Chronicles est le dernier-né de l’esprit fécond de Tetsuya Takahashi, devenu célèbre grâce à Xenogears ou à la série Xenosaga. S’il aura fallu attendre plus d’un an pour le voir finalement arriver dans nos vertes contrées, le titre a très rapidement emporté l’adhésion du public comme de la critique, au point d’être qualifié par certains de meilleur RPG japonais de ces dix dernières années. Toutes ces louanges sont-elles méritées ? Quelles sont les qualités de Xenoblade Chronicles ? Réponse dans ce test.

Toi aussi, joue à Karl Lagerfeld avec tes personnages !

Lorsqu’on lance Xenoblade, un premier constat s’impose : en ce qui concerne les personnages, le jeu est laid. Les textures les composant sont grossières, leurs visages sont assez mal animés, leurs différents membres ne présentent quasiment aucun souci du détail… Pour être tout à fait honnête, la modélisation de certains est digne d’un jeu de Nintendo 64 ! C’est dire si la qualité graphique des protagonistes est discutable. Heureusement, l’animation est relativement fluide, notamment durant les cinématiques, ce qui compense en partie ce point.

Du côté des ennemis, le bilan est déjà plus reluisant : ceux-ci sont très variés et empruntent à de multiples sources d’inspiration, que ce soient des animaux, des végétaux, ou des robots. S’il faut reconnaître que l’on trouvera quatre à cinq déclinaisons de chaque ennemi, le style graphique de chaque adversaire reste suffisamment unique pour ne pas donner au joueur le sentiment que l’inspiration manquait chez l’équipe de Monolith Soft.

Toutefois, ce qui frappe le plus dans Xenoblade, ce sont les environnements traversés. Colossaux ? Titanesques ? Immensément vastes ? Aucun superlatif ne suffirait pour décrire le sentiment de petitesse qui s’empare du joueur à chaque fois qu’il pénètre dans une nouvelle zone. Le jeu en compte une vingtaine ; plus de la moitié sont d’une superficie astronomique et regorgent de recoins à explorer ou de trésors en tous genres. Le travail qui a été réalisé sur la qualité des environnements est tout bonnement remarquable et pousse la Wii à son maximum ; plaines boisées s’étendant à perte de vue, océans démesurés, jungles immenses, les environnements sont un régal pour les yeux et offrent de superbes panoramas à contempler, à tel point qu’il est aisé d’errer sans réel but, simplement pour profiter des paysages. Même les villes traversées sont immenses et semblent pour la plupart être des mégalopoles grouillantes de vie ! Mention spéciale à la Jambe de Bionis, troisième zone visitée dans le jeu, qui saura vous impressionner à maintes reprises grâce à sa splendeur, la variété de son relief, et bien sûr sa taille démesurée. On regrettera toutefois que la qualité de ces environnements diminue vers la fin du jeu, et que ceux-ci deviennent moins ouverts et plus linéaires.

On soulignera également que les personnages incarnés peuvent équiper différents casques, armures, bottes, pantalons ou armes au fil de leur périple ; les cinématiques utilisant le moteur du jeu, il est alors possible de contempler l’équipement que l’on a attribué à chaque personnage durant celles-ci. Cet aspect, s’il n’a rien de révolutionnaire, reste un plus intéressant qui permet d’être véritablement immergé dans l’atmosphère du titre et de ne jamais en être extirpé par des cutscenes trop « cinématographiques ».

Les affrontements contres les boss sont très nerveux.

Quand j’ai commencé à écrire cette partie, je me suis dit « Bon, j’espère qu’ils aiment vraiment lire… »

Le gameplay de Xenoblade Chronicles est tellement fouillé et présente tant de possibilités qu’il serait difficile de tout résumer. Pour commencer, rappelons qu’en tant que RPG japonais, Xenoblade offre comme toujours des combats, de l’expérience, de l’argent, des échoppes, des équipements, des armes diverses et variées, et de la magie. Abordons maintenant toutes les particularités qui rendent ce jeu particulièrement novateur.

Tout d’abord, les Arts, sortes de pouvoirs spéciaux que l’on peut utiliser, sont bien différents de magies classiques. En effet, il n’est pas question de points de magie ici : une fois un Art utilisé, il faut attendre un laps de temps donné avant de pouvoir l’utiliser à nouveau. De plus, Xenoblade étant un action-RPG, cela signifie qu’il est possible de se déplacer pendant un combat ; cet aspect est très bien exploité car certains Arts seront plus efficaces si vous les lancez alors que vous êtes derrière un ennemi, par exemple. Précisons qu’il est possible d’améliorer les Arts de chaque personnage en utilisant des Points d’Arts collectés après chaque combat. De plus, pour pouvoir augmenter un Art au niveau maximal, il sera nécessaire d’utiliser des grimoires disséminés à travers le monde ; en les utilisant, le niveau maximal d’amélioration d’un Art sera augmenté, sachant que chaque Art peut atteindre le niveau 10.

Notons également que lorsque vous réussissez à obtenir un bonus d’Arts (en utilisant votre attaque dans la position idéale), une barre d’Enchaînement se remplit. Une fois celle-ci pleine, il est possible de lancer une attaque combinée où chacun de vos personnages lance à tour de rôle l’un de ses arts ; de plus, si l’entente entre vos personnages est suffisamment développée (nous y reviendrons), il est possible de répéter cet enchaînement jusqu’à quinze fois ! Cet enchaînement est particulièrement pratique pour faire chuter l’ennemi ou l’immobiliser par le biais d’un combo rapide d’attaques.

Un autre aspect crucial des combats concerne les visions : en effet, le héros, nommé Shulk, possède une épée lui permettant de voir l’avenir, la Monado. Loin de n’avoir qu’un rôle scénaristique, cette arme est également décisive en combat : en effet, Shulk peut, grâce à la Monado, voir dans le futur et prédire une attaque puissante que lancera l’ennemi dans quelques instants. Il est alors possible d’empêcher l’ennemi de lancer son attaque en le faisant chuter, de lui faire prendre un autre personnage pour cible en lançant un Art puissant ou encore de lancer un Art de soin ou de défense dans le but de limiter les dégâts. Précisons également que si votre jauge d’Enchaînement est remplie au moins au tiers, il est possible de prévenir l’un de vos coéquipiers pour lancer un Art qui vous permettra de mieux gérer la situation. Cette particularité de gameplay est très intuitive et rend les combats encore plus nerveux qu’ils ne le sont déjà.

En ce qui concerne les phases hors combat, sachez que vous découvrirez dans chaque environnement des sites ainsi que des points de repère. Découvrir un site ou un point de repère vous octroie des points d’expérience, ce qui permet aux joueurs les plus curieux de progresser très facilement et sans passer par l’étape longue et fastidieuse du levelling. Ce choix de gameplay présente un autre avantage : il est possible de se téléporter à l’emplacement de chacun des repères que vous avez découverts ! Ainsi, le joueur n’a pas à traverser l’ensemble d’un environnement gigantesque lorsqu’il souhaite se rendre à un endroit précis ; cette particularité rend la progression très agréable et la lassitude ne parvient jamais à s’installer.

Soulignons également que l’absence de points de magie est accompagnée d’une régénération automatique de la vie lorsque le joueur n’est pas en phase de combat ; de plus, lorsque vous mourrez, vous conservez l’expérience et les objets accumulés même si vous n’avez pas sauvegardé ! Bien loin d’être un RPG difficile, Xenoblade se veut ouvertement accessible et privilégie l’exploration et le plaisir de jeu au détriment d’une difficulté qui aurait pu se révéler rédhibitoire.

Xenoblade Chronicles propose également un système de gemmes qui n’est pas sans rappeler le système de matérias du légendaire Final Fantasy VII. En effet, il est possible de placer sur les pièces d’équipement de chaque personnage des gemmes qui ont des effets très divers : augmenter différentes caractéristiques (l’attaque, la défense, l’esquive, la vitesse de rechargement des Arts…), donner des effets particuliers à une arme (brûler l’ennemi, le paralyser, l’empoisonner…) et bien d’autres bonus (résister à la riposte des ennemis, se déplacer plus rapidement…). Ces gemmes peuvent être obtenues après des quêtes ou bien façonnées à partir de cristaux que l’on récupère auprès de gisements disséminés dans le monde ou en tuant des ennemis. S’il n’est au début du jeu possible de façonner ses gemmes qu’à un endroit précis, une quête permettra d’obtenir un réacteur à gemmes ; il deviendra alors possible de façonner ses propres gemmes n’importe où.

Chaque personnage, en plus de ses Arts, possède des compétences. Ces compétences sont réparties en traits de caractère entre lesquels le joueur peut alterner à tout moment. Attribuer un trait de caractère à un personnage le conduira à ne développer que les compétences relatives à ce trait. Ces compétences peuvent augmenter l’attaque, la défense, l’expérience ou l’argent reçus… A noter que ces compétences peuvent être partagées entre les personnages par le biais de Sociopoints acquis en montant de niveau.

Gros point fort du jeu, les quêtes annexes sont également un élément central du gameplay. Le jeu en compte plusieurs centaines, et chacune rapporte de l’expérience, de l’argent, des pièces d’équipement ou des gemmes. Les objectifs proposés sont variés : récupérer un objet unique, tuer un certain nombre d’ennemis ou un ennemi plus fort que la normale, parler à quelqu’un, explorer un lieu spécifique… Ces quêtes permettent aux joueurs les plus acharnés de progresser très facilement et prennent parfois même le pas sur l’histoire : il n’est pas rare de passer une dizaine d’heures sans faire progresser le scénario, et en accomplissant uniquement des quêtes ! De plus, certaines quêtes ne peuvent plus être accomplies après un certain point du scénario dépassé ; ces quêtes sont distinguées des autres par un petit chronomètre, ce qui permet au joueur de savoir s’il doit accomplir cette quête le plus vite possible ou bien s’il peut y revenir par la suite.

Autre aspect intéressant du jeu, le sociogramme est une sorte d’arbre qui résume toutes les relations que vous avez pu établir avec tous les personnages rencontrés dans le jeu. Pour faire apparaître de nouveaux individus dans le sociogramme ou découvrir leurs relations avec d’autres personnes, il suffit de leur parler ou d’accomplir certaines quêtes particulières. Plus vous tissez de liens entre les personnages d’un même lieu, plus la qualité de votre sociogramme, symbolisé par des étoiles, augmente. L’ampleur du sociogramme est véritablement colossale et il est quasiment impossible de le compléter dans son intégralité. De plus, les relations entre les différents personnages du groupe peuvent être améliorées en les faisant combattre ensemble, en leur offrant des cadeaux ou encore en réalisant un maximum de tête-à-tête. Les tête-à-tête sont des dialogues entre deux personnages que l’on ne peut obtenir que si leurs relations sont suffisamment amicales et durant lesquels il faut répondre à différentes questions. En fonction de vos réponses, l’amitié entre les deux personnages impliqués sera renforcée ou, au contraire, refroidie. Précisons que pour accomplir certaines quêtes, vous devrez impérativement avoir développé un lien suffisamment fort entre deux personnages précis.

Malgré tous ces aspects qui contribuent à faire de Xenoblade un jeu à la jouabilité profonde, très généreuse et complexe, il faut tout de même émettre quelques réserves. Tout d’abord, le jeu poussant la Wii très loin, il n’est pas rare de constater des chutes de framerate en combat, surtout lorsque l’écran est saturé d’ennemis. Cela nuit considérablement à la lisibilité de l’action. De plus, la caméra n’est pas toujours facile à contrôler, surtout contre des ennemis de grande taille, et celle-ci se retrouve parfois encastrée dans un mur sans qu’il soit possible de faire grand-chose.

Voici le Mékon qui va changer la vie de Shulk.

Grâce à Xenoblade Chronicles, vous n’aurez plus à vous préoccuper d’une quelconque vie sociale !

La quête principale de ce Xenoblade Chronicles offre déjà une durée de vie conséquente : il vous faudra probablement entre cinquante et soixante heures pour finir le jeu si vous comptez le faire en ligne droite. Toutefois, le nombre colossal de quêtes annexes déjà évoqué fait augmenter cette durée de vie de façon spectaculaire ; ainsi, pour peu que vous décidiez de vous impliquer dans le contenu annexe proposé, vous pourrez passer beaucoup plus de temps sur ce jeu. Ne vous étonnez pas si vous dépassez le cap symbolique des cent heures, c’est tout à fait possible !

De plus, Xenoblade propose deux grands objectifs annexes particulièrement chronophages, à savoir la complétion de l’Encyclopédie et la reconstruction de la colonie 6. L’Encyclopédie est un ouvrage dans lequel vous pourrez répertorier les formes de vie ou les objets que vous aurez découverts dans chaque environnement du jeu. Plus vous remplissez l’Encyclopédie, plus vous obtenez un équipement ou des gemmes avantageux. La reconstruction de la colonie 6 consiste à remettre en état une ville dévastée ; pour cela, il faudra récupérer des objets et payer une certaine somme d’argent. Bien sûr, plus la reconstruction avancera, plus les objets à récupérer seront rares et plus il vous faudra débourser d’argent.

La difficulté est peu présente ; comme cela a déjà été dit, la mort vous ramène au dernier repère visité et l’expérience est conservée. De plus, pour peu que vous effectuiez les quêtes annexes proposées, vous accumulerez tellement d’expérience que les boss ne devraient être qu’une simple formalité. Xenoblade Chronicles délaisse donc la pratique du levelling et propose une progression intéressante et motivante. Seuls les derniers boss risquent de poser quelques problèmes, et il faudra alors se concentrer encore plus sur les quêtes pour triompher de ces derniers obstacles.

Enfin, Xenoblade propose au joueur l’opportunité du fameux « New Game + » apparu dans Chrono Trigger, à savoir recommencer une partie en conservant son expérience, ses Arts, son équipement et ses objets. Cela permet aux joueurs les plus passionnés de laisser de côté l’histoire, devenue très facile, et de se concentrer sur les quêtes annexes les plus corsées.

Et c’est loin d’être l’environnement le plus grand…

On retrouve les Monty Python au doublage

L’OST est véritablement sublime et compte parmi les meilleures de ces dernières années. Fruit de la collaboration d’artistes aussi renommés dans ce milieu que Yoko Shimomura (Street Fighter II, Kingdom Hearts), Yatsunori Mitsuda (Chrono Trigger) ou le groupe de rock japonais ACE+, la bande-son est très éclectique et s’adapte parfaitement à chaque situation rencontrée. Thèmes épiques avec guitares saturées contre les boss majeurs, mélodies chaloupées et lancinantes dans les situations tragiques, thèmes apaisants dans des zones visitées de nuit, ou beaucoup plus endiablés alors que l’on visite des plaines boisées sous un soleil radieux, les différents morceaux entendus sont tous un véritable régal pour les oreilles.

Abordons également le doublage : si les puristes s’empresseront de choisir le doublage japonais qui se révèle comme à l’accoutumée excellent (on peut notamment entendre les doubleurs japonais de Vegeta ou de Cell !), il serait dommage de passer à côté du doublage anglais, étonnamment réussi. Loin des voix américaines sans âme que l’on retrouve dans trop de jeux, Xenoblade Chronicles propose des voix aux accents britanniques évidents qui donnent un charme tout particulier aux protagonistes. L’on apprécie ou non, mais force est de constater que le travail effectué pour obtenir un doublage anglais de qualité est réel.

Bionis contre Mékonis, duel de géants.

L’homme contre la machine

Comme le narre Shulk dans le prologue du jeu, le monde a pendant des millénaires été un océan sans fin, dans lequel deux titans, nommés Bionis et Mékonis, se battaient avec acharnement. Alors que le combat durait depuis des temps immémoriaux et que rien ne semblait pouvoir y mettre un terme, leur joute s’arrêta brusquement, et les deux géants fossilisèrent. Des milliers d’années plus tard, la vie s’est développée sur chaque géant : les Homz, un peuple d’apparence humaine, vit sur Bionis, tandis que les Mékons, des robots, vivent sur Mékonis. Pour une raison inconnue, une guerre fait rage entre les deux peuples ; le jeu s’ouvre sur la bataille de la Vallée de l’Epée et nous met aux commandes de Dunban, un épéiste hors pair maniant la Monado, seule épée capable de détruire les Mékons.

Très rapidement, le jeu reprend un an plus tard, dans la colonie 9, ville située sur le pied de Bionis. Shulk, un jeune ingénieur timide, étudie la Monado pour en percer le secret ; un jour, alors qu’il revient d’une mission de livraison avec son meilleur ami Reyn, la colonie est attaquée par des Mékons. Shulk se saisit alors de la Monado et commence à détruire les Mékons : Dunban est impressionné, car contrôler la Monado requiert une formidable puissance. Toutefois, la meilleure amie de Shulk, Fiora, est tuée sous ses yeux par un Mékon possédant un visage qui s’enfuit par la suite ; avec Reyn, Shulk jure de retrouver ce Mékon pour se venger…

Ainsi commence l’aventure Xenoblade, mais soyons honnêtes : il faut attendre plus de vingt heures pour que l’intrigue globale commence à se mettre en place. Le début du jeu semble donc pauvre scénaristiquement parlant et la tension dramatique reste faible. Toutefois, par la suite, les interrogations se multiplient : Qu’est réellement la Monado ? Pourquoi Shulk peut-il la contrôler ? Pourquoi cette haine entre Mékons et Homz ? Que s’est-il réellement passé durant le combat entre Bionis et Mékonis ? L’intrigue s’étoffe progressivement et trouve son accomplissement ultime vers la fin du jeu, avec l’apparition de nouveaux personnages décisifs, des retournements de situation inattendus et des drames de plus en plus marquants.

En ce qui concerne les personnages, ils sont pour la plupart bien dépeints : Shulk, Reyn, Dunban et les autres personnages qui complètent le groupe ont chacun une identité propre et il est également intéressant d’observer les liens qui se nouent entre eux. Les antagonistes ne sont pas en reste, puisque les différents bad guys rencontrés sont marquants et savent inspirer chez le joueur crainte, colère, angoisse, ou même compassion. On regrettera cependant qu’en certaines occasions, le titre mette en place une romance niaise difficilement appréciable et qui casse même parfois la tension dramatique. Un autre aspect très réussi du scénario concerne les visions que peut avoir Shulk. Il lui arrive ainsi souvent de voir ses compagnons mourir ; dès lors, le joueur est dans l’expectative, se demandant si Shulk parviendra à sauver ses amis ou bien si ceux-ci devront faire face à un destin annoncé. Cela permet d’instaurer un suspense bienvenu et très efficace.

On pourra également regretter que comme dans tout jeu de la série des Xeno, les révélations finales soient extrêmement alambiquées et qu’il soit très difficile de comprendre les tenants et les aboutissements du scénario une fois que les crédits défilent. Toutefois, dans le cas de Xenoblade Chronicles, cela permet de donner au jeu une profondeur qu’on ne lui soupçonnait pas et met en place des critiques de Dieu ou de la religion (un thème récurrent dans les jeux de Takahashi).

N’oubliez pas de faire vos emplettes au marché de la colonie 9.

C’est l’heure de rendre les copies !

Graphismes : Malgré des personnages mal modélisés et des visages particulièrement laids, difficile de rester insensible à l’aspect gigantesque des environnements. Fourmillant de détails et proposant des panoramas à couper le souffle, les zones traversées sont incontestablement un très grand point fort de Xenoblade. 

Jouabilité : Action-RPG particulièrement dynamique, Xenoblade Chronicles propose également un gameplay riche et diversifié avec une myriade de quêtes annexes, un système de gemmes efficace, des déplacements facilités grâce au système de repères et un sociogramme très riche qui permettent au joueur une multitude d’expériences de jeu. On regrettera toutefois une caméra parfois capricieuse et des chutes de framerate intempestives.

Durée de vie : Colossale ! Comptez déjà plus de cinquante heures pour finir le jeu en ligne droite ; toutefois, les centaines de quêtes annexes, l’Encyclopédie à compléter et la reconstruction de la colonie 6 font exploser cette durée de vie et permettent à Xenoblade d’être l’un des jeux les plus longs et les plus généreux de l’histoire.

Bande-son : Une OST magique, fruit du travail d’artistes renommés, complétée par un doublage japonais toujours aussi excellent et un doublage anglais particulièrement réussi. Que demander de plus ?

Scénario : Si l’intrigue met beaucoup de temps à décoller, le jeu en vaut la chandelle car les évènements deviennent alors palpitants et le scénario global se révèle très accrocheur. Les différents personnages rencontrés sont pour la plupart bien développés même si l’on émettra un soupir face à la romance mielleuse qui se met en place. Les révélations de fin sont très complexes et pourront dérouter certains joueurs peu enclins à se torturer l’esprit ; on saluera toutefois la qualité et la finesse des critiques opérées contre la religion. 

Conclusion : En cette période de vaches maigres pour les amateurs de RPG japonais, Xenoblade Chronicles apparaît comme un don inespéré de la part de Monolith Soft. Son gameplay dynamique et incroyablement profond, son contenu tout bonnement gargantuesque, sa bande-son excellente et son scénario réussi en font un jeu de très haute volée. Seules quelques errances dans la jouabilité et un scénario qui ne se met en route que tardivement l’empêchent d’atteindre la perfection ; toutefois, il s’agit là d’un indispensable pour tout rôliste qui se respecte, et probablement du meilleur RPG qui ait été conçu depuis bien longtemps.